


LA
PHOTO-AUTOTROPHIE AU CARBONE
A L'ECHELLE DES MOLECULES
-
- Les
végétaux chlorophylliens absorbent une partie de
l'énergie lumineuse qu'ils reçoivent pour réaliser
les synthèses de matière organique. Comment cette
énergie est-elle convertie en énergie chimique? Comment
l'assimilation du dioxyde de carbone est-elle réalisée?
Quelle est l'origine du dioxygène dégagé?
-
1 La chlorophylle:
- L'étude
de l'activité photosynthétique de végétaux
à feuilles panachées montre que ceux-ci ne
réalisent de synthèses qu'au niveau des zones
chlorophylliennes. Quels rôles jouent les pigments
photosynthétiques dans l'absorption des radiations lumineuses?
-
1.1 PREPARATION D'UNE SOLUTION ALCOOLIQUE
DE CHLOROPHYLLE BRUTE
Broyez dans un
mortier
à l'aide d'un pilon, des feuilles de persil ou d'épinard
avec du sable siliceux (qui casse les cellules), du carbonate de
calcium pour neutraliser les acides organiques) et de l'alcool à
95°. Filtrez le mélange.
-
Le filtrat, d'un beau vert, est une solution alcoolique de
chlorophylle additionnée d'autres pigments comme nous allons
le constater.
- Il est possible également de
procéder à la séparation des pigments foliaires par
solubilité différentielle.
- Nous nous contenterons de procéder
à celle qui suit.
1.2 SEPARATION DES PIGMENTS PAR
CHROMATOGRAPHIE DE PARTAGE SUR PAPIER
- 1.1 Principe:
Cette technique utilise comme principe l'équilibre qui
s'établit pour des corps dissous entre deux solvants
partiellement miscibles, l'un mobile, l'autre stationnaire. Une
substance est entraînée par le solvant mobile d'autant
plus rapidement que sa solubilité dans ce solvant est plus
grande et sa solubilité dans le solvant fixe plus faible.
-
- 1.2 Protocole expérimental:
-
-
1 à 2 cm
de l'extrémité d'une feuille de papier Whatman n°1
écrasez proprement 4 ou 5 rondelles de feuilles d'épinard
découpées à l'emporte-pièce en
évitant ensuite de laisser des débris (1).
Introduisez la feuille de papier dans une éprouvette contenant
un solvant (85% d'éther de pétrole + 10% d'acétone
+ 5% de cyclohexane), munie d'un bouchon et d'un crochet, de
manière à ce que le papier trempe dans environ 1cm de
solvant (2), sans que la tache y baigne et que le papier touche les
parois de l'éprouvette (3).
-
-
Après quelques
dizaines de minutes, maintenu à l'obscurité, le
chromatogramme (4) montre:
- vers le bas, une tache verte de chlorophylle b,
- plus haut, une tache verte plus sombre, de chlorophylle a,
- une tache jaune de xanthophylle,
- une tache orangée de carotène.
-
- 1.3 Quelques
propriétés:
- La chlorophylle est détruite par les acides qui lui
donnent une teinte jaune brunâtre (cf: brunissement des feuilles
en automne après l'accumulation d'acides organiques).
La chlorophylle a une réaction acide: traitée par une
base, elle donne un chlorophyllate d'un beau vert (cf. traitement des
légumes au bicarbonate de sodium).
La chlorophylle est rouge en lumière réfléchie (fluorescence: schéma ci-contre), verte
en lumière transmise.
-
- La solution de chlorophylle, extraite de la plante,
réagit à une excitation lumineuse par l'émission
d'une lumière rouge (fluorescence). Dans les conditions
naturelles elle transmet cette énergie à d'autres
molécules et retourne à l'état initial.
1.3 ABSORPTION DE LA LUMIERE PAR LES
PIGMENTS CHLOROPHYLLIENS
- Voyons comment il est possible de décomposer la
lumière blanche, c'est-à-dire comment obtenir un spectre.
-
- On interpose sur le trajet d'un faisceau de lumière
blanche une cuve transparente contenant une solution alcoolique de
chlorophylle brute.
Les rayons qui émergent de la cuve sont ensuite dirigés
sur un prisme de façon à décomposer la
lumière (diffraction de la lumière).
Le spectre d'absorption de la chlorophylle brute peut ainsi
être comparée au spectre d'émission de la
lumière blanche.
-
Comparez les
deux
spectres: que constatez-vous? Que pouvez-vous dire des radiations
lumineuses qui ont traversé la solution de chlorophylle?
-
-
Nous
pouvons utiliser un spectrophotomètre pour analyser
d'une façon relativement précise la longueur d'onde
des radiations absorbées par notre solution brute de
chlorophylle.
- Pour cela nous sélectionnons sur
le spectrophotomètre des radiations de longueur d'onde comprises
entre 325 et 900 nm, tous les 25 nm. Sur le trajet du faisceau
lumineux, nous interposons une petite cuve pour mesures
photométriques, qui contient la solution brute de chlorophylle
confectionnée précédemment, et nous mesurons le
coefficient d'absorption (en valeurs arbitraires).
-
-
Si l'appareil
est
doté d'une sortie analogique, nous le relions, via une
interface, à un ordinateur doté d'un logiciel de
traitement graphique des données, sinon, nous entrons, au
clavier les valeurs mesurées dans un tableur-grapheur.
- Une expérience de ce type a
donné les résultats relatées par le graphe
ci-contre. Quelle précision chiffrée pouvez-vous apporter
à votre réponse précédente?
-
-
- Comme notre solution brute de
chlorophylle est constituée de plusieurs pigments, il serait
intéressant de connaître le spectre d'absorption de chacun
d'eux. Extraits puis séparés par chromotographie,
les différents pigments (chorophylle a, chlorophylle b et
carotène) sont analysés séparément et leurs spectres comparés avec le spectre global de la
solution brute.
-
-
Formulez votre
analyse
de façon chiffrée. Sachant que les proportions
respectives de chacun de ces pigments diffèrent selon les
espèces, n'est-il pas possible d'émettre une
hypothèse quant à la contribution de chacun d'eux
à la fonction chlorophyllienne?
1.4 EFFICACITE PHOTOSYNTHÉTIQUE DES
DIFFERENTES RADIATIONS DANS LA PHOTOSYNTHESE
- L'absorption
des radiations de la lumière blanche par la chlorophylle est une
chose, mais leur efficacité dans le processus
photosynthétique en est une autre. Les radiations
absorbées sont-elles toutes aussi efficaces?
-
- Dans un bécher, versez un volume
de 5 ml de solution tamponnée (2 volumes de solution de NaHCO3, soit 2 ml et
3 volumes de tampon phosphate, soit 3 ml).
Avec des ciseaux, découpez dans ce bécher, une jeune tige
d'Elodée ou de Cabomba en fins fragments et introduisez le tout
dans l'enceinte expérimentale qui recevra la sonde
oxymétrique. Installez la sonde photométrique comme
l'indique le schéma.
Ouvrez le logiciel de traitement de données. Un graphe vide
apparaît avec une barre de menus: procédez aux
réglages, les expériences pourront commencer.
-
La sonde photométrique permet d'obtenir un éclairement
identique avec les différents filtres et la lumière
blanche en réglant le potentiomètre qui accompagne le
projecteur. La sonde thermométrique permet de contrôler la
température qui doit rester constante pendant les mesures afin
de ne pas faire intervenir ce paramètre dans les
résultats.
On étudie l'influence des radiations bleues,
vertes, rouges obtenues avec des filtres monochromatiques pendant
des phases de 3 min séparées par 1 min d'obscurité
et celle de la lumière blanche.
-
-
Des résultats
obtenus dans des laboratoires ont ainsi permis, dans les mêmes
conditions, de comparer le spectre d'absorption et le spectre d'action
des pigments photorécepteurs, comme le montre le graphe
ci-contre. Quelle conclusion pouvez-vous dégager?
-
2 La phase photochimique de la
photosynthèse
- La
réduction du dioxyde de carbone nécessite de
l'énergie. Quelle relation peut-on faire entre l'absorption de
la lumière et l'acquisition d'un pouvoir réducteur par
les cellules chlorophylliennes?
2.1 HISTORIQUE
- En 1937, le biologiste HILL
constate que des chloroplastes isolés par broyage de feuilles
dans des solutions de pH convenable et renfermant 10% de saccharose
provoquent l'oxygénation du pigment rouge de sang de
vertébré, l'hémoglobine, en présence d'un
sel ferrique. Le dégagement de dioxygène provient de
l'oxydation de l'eau:
-
- Ainsi:
-
-
2.2 RAPPEL DE CHIMIE:
- La réduction d'un
élément chimique M consiste en un gain d'électrons
pour celui-ci; une oxydation est une perte d'électrons.
Oxydation et réduction sont couplées:
-
-
- De ce fait le passage d'un transporteur
d'électrons de l'état oxydé à l'état
réduit exige un apport d'énergie.
2.3 PRINCIPE DE L'EXPERIENCE DE HILL:
- Les chloroplastes intacts contiennent un
transporteur oxydé ( R ) qui est
réduit par les électrons provenant de l'eau ( RH2 ); celui-ci disparaît dans les chloroplastes
altérés.
On étudie le dégagement de dioxygène dans une
suspension de chloroplastes exposés à la lumière,
en présence ou en l'absence d'un accepteur d'électrons
artificiel (qui remplace le transporteur naturel R): le
ferricyanure de potassium (Fe3+ oxydant); il a la possibilité de jouer le
rôle d'accepteur d'e- et d'être réduit en Fe2+.
-
-
-
- Dans le chloroplaste ont lieu les
réactions d'oxydo-réduction suivantes:
-
-
2.4 PROTOCOLE EXPERIMENTAL
- On broie des feuilles de lis dans un
mortier entouré de glace (évite la destruction des
enzymes) et contenant 2,5ml de tampon tri-saccharose (neutralise les
acides organiques susceptibles de détruire les enzymes). On
ajoute 10ml de P-saccharose et on continue à broyer pendant
1min. On filtre sur gaze et coton en pressant. On dilue
éventuellement avec du P-saccharose. On contrôle au
microscope la présence de chloroplastes libres et l'absence de
cellules intactes.
-
La
suspension de chloroplastes (5ml) est mise dans une enceinte
expérimentale alternativement à l'obscurité
puis à la lumière, en l'absence ou en
présence de ferricyanure de potassium à doses
différentes.
-
-
Quelles sont les
conditions nécessaires à la production de
dioxygène que révèle l'expérience de HILL?
-
2.5 ORIGINE DU DIOXYGENE: L'EXPERIENCE DE
RUBEN ET KAMEN (1941)
- Si l'on
revient à l'équation-bilan de la photosynthèse:
-
6 CO2
+ 12 H2O ----> C6H12O6 + 6
O2 + 6
H2O
- le
dioxygène dégagé pourrait théoriquement
provenir soit de l'eau (H2O), soit du dioxyde de carbone (CO2). Qu'en est-il?
-
- 2.5.1 Matériel
végétal: les chlorelles
sont des algues unicellulaires chlorophylliennes contenant un gros
chloroplaste en forme de cloche. Eclairées par un faisceau
lumineux de forte intensité, elles réalisent une
photosynthèse active, caractérisée par un
dégagement de dioxygène et une accumulation de glucides
dans leur chloroplaste sous forme d'amidon.
-
- 2.5.2 Protocole expérimental
- Rappel: les éléments naturels existent sous
plusieurs formes:
- une forme normale, de masse
atomique caractéristique: ex. C=12, O=16, ...
- une ou plusieurs formes
appelées isotopes, caractérisées par une masse
atomique différente: ex. 14C=14, 11C=11, 18O=18, ...
RUBEN et KAMEN réalisent une culture de chlorelles en
présence d'eau, de dioxyde de carbone et de lumière:
- avec du dioxyde de carbone C18O2 et de
l'eau H216O,
- avec du dioxyde de carbone C16O2 et de
l'eau H218O.
- Dans le premier cas, le
dioxygène dégagé contient 16O, dans le second
cas, le dioxygène contient 18O.
-
-
Quelle
conclusion pouvez-vous tirer de cette constatation?
-
2.6 BILAN DE CES REACTIONS PHOTOCHIMIQUES:
LA PHOTOLYSE DE L'EAU
- La phase
claire de la photosynthèse, faite de réactions
nécessitant la lumière, est une suite de réactions
complexes. La rédaction ci-dessous tente d'intégrer les
exigences du programme sans tomber ni dans une simplification
vulgarisatrice, ni dans une complexité rébarbative.
-
2.6.1
Excitation des pigments photosynthétiques et libération
d'électrons:
-
- Quand un photon lumineux est absorbé par une
molécule de chlorophylle a, un électron est
libéré; celui-ci change alors d'orbite en élevant
son niveau d'énergie. La molécule de chlorophylle a passe
alors à l'état excité en donnant un
électron:
-
chlorophylle a ----->
e- (oxydation)
-
- Cet électron instable est piégé par un
accepteur d'électrons qui est réduit:
-
T+
+ e- --------> T (réduction)
-
- L'état excité se propage aux molécules
voisines qui constituent une "antenne collectrice", située dans
les membranes des thylakoïdes, qui récupèrent et
transmettent les électrons aux pigments photosynthétiques
organisés en photosystèmes.
-
- 2.6.2 Transit des électrons
à travers les photosystèmes de la membrane des
thylakoïdes des chloroplastes
-
- Les électrons transitent à travers les
photosystèmes de la membrane des thylakoïdes des
chloroplastes.
- Le premier accepteur d'électrons les transfère
le long d'une chaîne de réactions d'oxydo-réduction
(chaîne photosynthétique) jusqu'à un dernier
accepteur d'électrons qui est alors réduit:
-
-
R (forme oxydée) + 2H+ + 2e- --------> RH2
(forme réduite) (2)
-
- 2.6.3
Régénération du donneur d'électrons et
photolyse de l'eau
Pour fonctionner à nouveau la molécule de chlorophylle a
oxydée devra revenir à l'état réduit en
empruntant l'électron perdu à un autre donneur
d'électrons; c'est la molécule d'eau qui fournit cet
électron en subissant une oxydation ou photolyse de l'eau:
-
H20 -----
> 2 H+
+ 1/2 O2 + 2e - (1)
-
- Conclusion: le dioxygène formé et rejeté
par les végétaux chlorophylliens sous forme gazeuse est
un "déchet" de la photosynthèse; il provient de la
photolyse de l'eau dans les chloroplastes.
- Les protons formés H+ s'accumulent dans la
cavité des thylakoïdes et il se créé une
différence de concentration ou gradient de protons entre la
cavité des thylakoïdes et le stroma des chloroplastes.
-
- 2.6.4 Établissement d'un flux
de protons à travers une ATP synthétase
(enzyme active au niveau de sphères pédonculées de
la membrane du thylakoïde)
-
- Ainsi s'accumulent des protons H+ dans
le stroma; ils serviront à la régénération
de R:
-
RH2 (forme réduite)
----> R (forme oxydée) + 2H+ +
2e-
-
2.6.5
Photophosphorylation de l'ATP
-
- C'est la synthèse de l'Adénosine TriPhosphate
à partir de l'Adénosine DiPhosphate
et d'une molécule de Phosphate inorganique Pi;
l'énergie nécessaire à la formation d'ATP est
fournie par les électrons à haute énergie qui
quittent les photosystèmes (c'est une réaction
endergonique qui consomme de l'énergie).
-
-
ADP + Pi +
énergie -----> ATP (3)
L'ATP est une molécule faite de 3 constituants:
- une base azotée (adénine)
- un sucre en C5 (ribose)
- 3 groupements phosphates
Cette molécule "riche en énergie" permet par hydrolyse la
libération d'énergie ou par phosphorylation, la
transformation de l'énergie lumineuse en énergie chimique
potentielle; en définitive elle participe aux transferts
d'énergie dans la cellule.
Résumé:
la lumière provoque:
- - la photolyse de l'eau, source de
protons et d'électrons mais aussi du dioxygène
libéré au cours de la photosynthèse (1)
- le transfert des électrons le long d'une chaîne
photosynthétique (2)
- la formation et le maintien d'un flux de protons indispensable
à la formation de molécules énergétiques
(ATP) (3)
3 La deuxième phase de la
photosynthèse:
l'incorporation du CO2
- Il
apparaît nécessaire, au terme de nos investigations, de
distinguer, dans le processus de photosynthèse, les mécanismes
énergétiques qui résultent de la
conversion de la lumière en énergie disponible
(production d'ATP) au cours desquels la cellule chlorophyllienne
acquiert des propriétés réductrices et les mécanismes
synthétiques au cours desquels la matière
minérale (dioxyde de carbone) est réduite pour aboutir
à la synthèse de molécules organiques. Il convient
de rapporter ici les expériences, maintenant historiques, qui
révèlent les grandes étapes de la
photosynthèse et principalement celles qui montrent
l'incorporation de dioxyde de carbone dans la matière organique.
3.1 LES EXPERIENCES DE GAFFRON ET COLL.
(1951)
Du
dioxyde de carbone radioactif (14CO2) est fourni à une suspension d'algues
unicellulaires (chlorelles) fortement éclairée. Dans un
premier temps on dose le 14CO2 fixé (graphe de gauche), dans un second temps
on dose le dioxygène dégagé (graphe de droite).
-
-
Que
constate-t'on tant
que la suspension d'algues reste éclairée? quand elle
passe à l'obscurité?
- Que devrait-il se passer si la
lumière était directement indispensable à
l'incorporation de CO2?
-
3.2 LES EXPERIENCES DE CALVIN ET BENSON
(1962)
Des chlorelles sont maintenues en suspension à
la lumière, dans un récipient où l'on fait
barboter du dioxyde de carbone. Celles-ci sont refoulées dans
une tubulure souple et transparente qu'elles parcourent en un temps
donné grâce à une pompe dont le débit est
connu.
- En un point variable de la tubulure, on
injecte du 14CO2: le temps pendant lequel les algues peuvent
l'incorporer est variable selon l'endroit de l'injection.
- Les cellules tombent enfin dans du
méthanol bouillant qui bloque instantanément toutes les
réactions chimiques.
Par radio-chromatographie CALVIN et BENSON déterminent les
molécules organiques qui ont incorporé le 14C en fonction du temps de mise en présence des
algues avec le dioxyde de carbone radioactif.
-
- Parmi les composés
identifiés:
-
- APG:
l'acide phospho-glycérique (corps àtrois atomes de
carbone),
- C3P:
des corps phosphatés àtrois atomes de carbone,
- C5P2:
un corps phosphatés àcinq atomes de carbone, le ribulose
bi-phosphate.
-
-
-
Quelle est la
première molécule organique formée après
incorporation du CO2?
-
-
- On essaye de comprendre les relations existant entre les autres
composés mis en évidence et leurs liens avec la phase
photochimique de la photosynthèse.
3.3
COUPLAGE AVEC LA PHASE PHOTOCHIMIQUE:
- Des chlorelles sont cultivées dans
un milieu où barbote de l'air enrichi en 14CO2. La
culture, éclairée dans un premier temps, est subitement
mise à l'obscurité. On mesure la radioactivité de
deux composés organiques:
- le ribulose bi-phosphate ou C5P2,
- l'APG.
-
Que traduit la
chute
de ribulose bi-phosphate et la hausse d'APG lorsque la suspension est
placée à l'obscurité? Cette hausse se
maintient-elle? Emettez une hypothèse explicative.
Comprenez-vous pourquoi on dit que la phase "sombre" (ne
nécessitant pas la lumière) est couplée à
la phase "claire" ou photochimique?
-
3.4 BILAN DE LA PHASE "SOMBRE" DE LA
PHOTOSYNTHESE
C'est
la synthèse de molécules organiques à partir du CO2
et de protons et d'électrons fournis par les
transporteurs au cours d'un cycle complexe de réactions
couplées aux réactions de la phase "claire"; elle a lieu
dans la matrice du chloroplaste et ne nécessite pas la
présence de lumière.
-
- 3.4.1. Formation d'acide
phosphoglycérique à partir du
ribulose-biphosphate (ou C5P2) qui fixe une molécule de CO2 pour donner 2 molécules d'acide
phosphoglycérique à 3 atomes de C.
-
- 3.4.2. Formation de triose-phosphate
(ou C3P) à partir de l'acide phosphoglycérique qui entre
dans un cycle de réactions complexes (cycle de CALVIN) au cours
desquelles il est réduit par l'oxydation du transporteur
d'électrons (RH2); l'hydrolyse de l'ATP
fournit l'énergie indispensable à cette synthèse
qui n'exige pas la présence de lumière:
-
-
ATP -----> ADP
+ Pi + énergie
-
- 3.4.3. Synthèse de nombreuses
molécules organiques à partir du
triose-phosphate, comme:
- des glucides à 5 atomes de C (par exemple
ribulose-biphosphate régénéré au cours du
cycle de CALVIN),
- des glucides à 6 atomes de C comme le glucose,
précurseurs de molécules essentielles comme le saccharose
ou l'amidon,
- des lipides,
- des acides aminés, des protides, des acides
nucléiques.
-
- L'ensemble de ces réactions (endergoniques) ou
anabolisme consomme de l'énergie qui est fournie par l'ATP.
-
-
4 Le devenir des produits de la
photosynthèse
- Les substances organiques
élaborées lors de la photosynthèse sont
distribuées dans toute la plante et les zones non
chlorophylliennes d'une plante se comportent comme des parties
hétérotrophes d'un être autotrophe. Les substances
qui ne sont pas utilisées immédiatement sont
accumulées dans des organes spécialisés.
4.1 MISE EN EVIDENCE DE RESERVES
GLUCIDIQUES:
- 4.1.1 L'amidon: les graines (blé, maïs, seigle,...), les tubercules (pomme de terre, manioc, ...) sont des
organes qui mettent en réserve ce polyoside de formule (C6H10O5)n.
-
- 4.1.2 l'inuline: certains tubercules, comme le dahlia mettent en
réserve cet autre polyoside. Il est possible de le mettre en
évidence par cristallisation en présence d'alcool.
-
Grattez la section d'une pomme de terre, d'une graine
de blé préalablement ramollie dans de l'eau pendant
plusieurs heures. Montez entre lame et lamelle dans une goutte de Lugol
et observez au microscope.
- Montez une coupe mince de tubercule
de dahlia, conservé dans l'alcool, dans une goutte de
glycérine. Observez au microscope.
- Rendez-compte de vos observations
par un dessin.
-
4.2 MISE EN EVIDENCE DE RESERVES PROTIDIQUES
- Réserves protéiques
dans la graine de haricot:
-
Après avoir fait ramollir des graines de
haricot dans de l'eau, placez-en quelques-unes dans un tube à
essai, recouvrez de sulfate de cuivre et laissez agir une minute.
Rincez à l'eau et versez ensuite de la soude. Que constatez-vous
au bout de quelques instants?
- Cette réaction,
caractéristique des liaisons peptidiques, appelées
"réaction du Biuret" révèle ici la présence
de protides.
-
- Expliquez l'importance de la mise en
réserve de substances organiques pour la pérennité
d'une espèce végétale.
-