VACCIN ET MEMOIRE IMMUNITAIRE

Certaines maladies infectieuses infantiles dont on a été victime ne se contractent pas une deuxième fois. Une immunité durable a été acquise après une primo-infection.
L'objet de la vaccination est de "mimer" ces infections pour exercer une action préventive et conférer à l'organisme une immunité. Nous savons par expérience que cette pratique est facile à mettre en oeuvre et efficace pour certains agents pathogènes, mais qu'elle est plus difficile pour d'autres (le VIH par exemple).
 
L'étude des différents types de vaccins n'étant pas au programme, nous nous contenterons de présenter quelques documents concernant vaccination et sérothérapie et l'état des recherches en 2003 pour l'élaboration d'un vaccin anti-VIH.

1 La vaccination, une mise en mémoire

1.1 LES DEFENSES IMMUNITAIRES DU FOETUS ET DU NOUVEAU-NE

1.2 VACCINATION ET SEROTHERAPIE: LE CAS DU TETANOS

2 Espoirs pour un vaccin anti-VIH

Comme pour le tétanos, il n'existe, à ce jour, vis-à-vis du SIDA aucun cas de guérison spontanée de l'infection par l'agent pathogène, donc aucun sujet ayant développé une immunité suffisamment efficace.
Dans le cas du virus du SIDA, il s'agit de trouver un vaccin contre un virus qui n'est pas vaincu par les défenses immunitaires naturelles.
 
Nous essaierons tout d'abord de comprendre par quelles "stratégies" le VIH se soustrait à l'élimination par l'organisme infecté.

2.1 LE VIH, UN VIRUS ARTIFICIEUX

Peu de temps après la contamination, le VIH se retrouve dans les ganglions lymphatiques où il infecte et détruit de nombreux lymphocytes et macrophages.
 

Quelle conséquence cette action peut-elle avoir sur la mise en place des protections immunitaires?

 
Plus tard, le VIH se "réfugie"dans des organes comme le cerveau où les lymphocytes pénètrent peu, il passe des cellules infectées vers des cellules saines, il mute constamment et rapidement (nous avons vu au début de cette partie "Immunologie" que dans les prémisses de la phase asymptomatique, le nombre de formes virales mutées ou variants augmente fortement).
Par ailleurs, chez VIH1 par exemple, les protéines GP120 et GP41, qui réagissent avec les récepteurs membranaires des cellules-cibles ont des sites constants, véritablement "cachés" par des replis de la molécule protéique. Quant aux autres protéines virales, ce sont justement celles qui sont le plus variables en raison de mutations fréquentes.
 

Là aussi établissez, à l'aide des connaissances acquises dans le chapitre précédent "Processus immunitaires", les conséquences de ces stratégies virales.

 
Ainsi, une des difficultés de la mise au point d'un vaccin est d'identifier une protéine invariable et accessible à la surface du virus.

2.2 LES DIFFICULTES DE LA MISE AU POINT D'UN VACCIN ANTI-VIH

Plusieurs essais thérapeutiques sont actuellement en cours, qui utilisent des préparations variées (protéines d'enveloppe GP120, virus recombinants).

3 Le phénotype immunitaire: interaction entre génotype et environnement

Le phénotype immunitaire, c'est-à-dire l'ensemble des spécificités des lymphocytes B et T à un moment donné de la vie d'un individu (ou "répertoire" des anticorps et des récepteurs des cellules T) résulte d'une interaction complexe entre le génotype et l'environnement.
Grâce à des mécanismes génétiques originaux, l'organisme produit des lymphocytes T et B d'une infinie diversité.
Parmi ces cellules, la très grande majorité, notamment celles qui sont potentiellement dangereuses pour l'organisme ("auto-réactives"), sont éliminées. Celles qui subsistent sont sélectionnées par les antigènes des cellules malades ou des pathogènes présents.
Ces cellules sont à l'origine des clones actifs dans la défense immunitaire. Il en résulte un phénotype qui change sans cesse en s'adaptant à l'environnement (variabilité).
La vaccination est un processus artificiel qui fait évoluer ce phénotype immunitaire.