


IMMUNOLOGIE
-
- Le
système immunitaire est capable de distinguer les
molécules et les cellules étrangères d'un
organisme, ou qui le sont devenues, et de les éliminer. Les
réactions immunitaires innées (disponibles avant toute
entrée d'un élément étranger), telles que
la phagocytose, permettent d'éliminer immédiatement
l'agent infectieux par l'intermédiaire de leucocytes
spécialisés: les phagocytes.
- Les
réactions immunitaires acquises, propres aux
Vertébrés, impliquent reconnaissance acquise et
mémoire: leur étude sera abordée à partir
de celle du SIDA, qui servira de support à des
généralisations sur les aspects fondamentaux du
fonctionnement du système immunitaire.
- Dans le
prolongement de la classe de 1èreS, cette partie permettra de
réfléchir sur le phénotype (adaptabilité et
variabilité du système immunitaire) et sur son
évolution au cours du temps, résultat de l'interaction
entre génotype et environnement.
-
- Thèmes traités
et activités
pédagogiques
(durée: 4 semaines):
Le SIDA,
syndrome
d'immunodéficience acquise
Les
processus immunitaires mis en jeu
Vaccin
et
mémoire immunitaire
*****
LE
SIDA, SYNDROME D'IMMUNO-DEFICIENCE ACQUISE
1 Extension de la maladie depuis 1981
1.1 HISTORIQUE
- Au début des années 1980, des
décès causés par des infections opportunistes,
connues précédemment surtout chez des individus ayant
subi une transplantation d'organe et traités aux
immunosuppresseurs pour éviter le rejet, furent observés
chez des hommes homosexuels apparemment en bonne santé.
- En 1983, Luc MONTAGNIER et son équipe de l'Institut
Pasteur de Paris isolèrent un nouveau rétrovirus
humain. Un peu plus tard, l'équipe de Robert GALLO au National
Cancer Institute (NCI) et celle de Jay LEVY à
l'université de Californie à San Francisco
isolèrent un rétrovirus sur des patients atteints du sida
et des personnes en contact avec des malades: on l'appelle maintenant
le HIV ou VIH en français (Virus de l'Immuno-déficience
Humaine), l'agent étiologique du sida. Un second
virus du sida humain (HIV-2) sera découvert trois ans plus tard
par l'équipe de l'Institut Pasteur.
- Un pas important fut accompli en 1984 par l'équipe
de Robert GALLO qui mit au point un protocole pour produire le VIH
en continu: il devenait ainsi possible de lancer les premiers tests
diagnostiques: si le sérum sanguin d'un individu comporte des
anticorps contre le VIH (séropositivité), ceci indique
qu'il a été exposé au virus.
Mais être infecté par
le
VIH ne veut pas nécessairement dire que l'on a le Sida: en effet
on peut rester séropositif pendant une longue période
sans développer la maladie clinique qui définit et
constitue un diagnostic du sida. Ainsi l'Organisation mondiale de la
santé (OMS), depuis 1993, a été
amenée à établir une définition officielle
pour le diagnostic du sida, basée sur le nombre de cellules
sanguines particulières (CD4) et de la présence de
maladies opportunistes caractéristiques (25 maladies ont
été répertoriées comme étant
caractéristiques du sida).
- C'est en 1991, que Franck MOORE, un peintre
New-Yorkais, a eu l'idée de créer un symbole de
compassion et de solidarité pour la cause du SIDA.
1.2 REPARTITION MONDIALE
- On pourra trouver sur le site "UNAIDS"
des Nations Unies "Joint United Nations Programme on HIV / AIDS"
de nombreuses statistiques et cartes
qui montrent qu'il s'agit d'une pandémie et que de grandes
inégalités dans sa répartition existent.
-
Vous consulterez
à cet effet, en bas de page, la rubrique "PUBLICATIONS - Graphics",
puis "Report on the global HIV / AIDS epidemic - New HIV
estimates" pour résumer les
caractéristiques fondamentales de cette épidémie
(une version française des graphiques existe).
-
2 La primo-infection
2.1 TRANSMISSION ET EVOLUTION DE LA MALADIE
CHEZ L'HOMME
- Le VIH est un virus beaucoup moins
contagieux que celui de la grippe par exemple. Sa transmission
se fait :
- le plus fréquemment (80% des
cas) lors de rapports ausi bien homosexuels
qu'hétérosexuels,
- par le sang (transfusion,
injection de produits sanguins contaminés non chauffés ou
non traités, dons d'organes, utilisation de seringues ou
d'aiguilles non stérilisées par toxicomanie
intraveineuse,...),
- par transmission materno-foetale
(par voie transplacentaire, lors de l'accouchement, de l'allaitement).
-
- Le SIDA est une maladie qui
évolue de façon différente selon les sujets. L'américain Walter REED, à partir de
données statistiques, a défini des stades
d'évolution notés de 0 à 6.
Les variations de la teneur en lymphocytes T4 présentées
sur le graphe concernent un jeune homme dont la maladie a
évolué de façon représentative
jusqu'à la mort survenue 83 mois, soit presque 7 ans,
après la contamination.
Les observations réalisées au cours du
développement de la maladie permettent aux chercheurs de penser
que la prolifération des virus se réalise parfois
très lentement, mais ne cesse jamais de croître.
Les graphes permettent de suivre le "combat" du système
immunitaire face au virus (d'après "Pour la Science ",
décembre 1988).
-
-
-
D'après les
données fournies ici, quelles sont les réactions de
l'organisme pendant la première année de l'infection?
Etablissez un parallélisme entre développement de la
maladie et évolution des moyens de défense durant les
sept années qui ont suivi la contamination.
A partir de quel moment le sujet est-il contagieux? A partir de quel
moment est-il séropositif?
-
- Ainsi, on distingue 3 phases lors d'une infection par le virus du SIDA
:
- la primo-infection: après la contamination par le
VIH, le nombre de virus présents ( appelé charge
virale) augmente fortement, puis diminue rapidement à cause
de la réponse du système immunitaire.
- la phase asymptomatique: l'individu ne présente
aucun symptome de la maladie et le nombre de virus n'augmente que
très légèrement; mais le nombre de formes virales
mutées ou variants augmente fortement. Malgré
l'intervention du système immunitaire, les lymphocytes T sont
progressivement détruits.
- la phase symptomatique, c'est-à-dire le SIDA
pendant laquelle, le système immunitaire étant
"débordé", le nombre de virus augmente fortement (mais le
nombre de variants se limite aux plus efficaces) et les symptômes
apparaissent.
-
Identifiez et
colorez sur
le graphe ci-dessus les trois phases de l'infection.
-
2.2 PORTRAIT DU VIH
- La structure du VIH pourra être
découverte par une animation du portail "Sciences de la Vie de l'Université Pierre et
Marie Curie - JUSSIEU". C'est un
rétrovirus à ARN de la sous-famille des lentivirus, virus
cytolytiques associés à des maladies d'incubation longue.
-
-
Résumez les
caractéristiques biologiques du VIH.
-
Le
VIH est formé:
- d'une enveloppe constituée d'une double
couche lipidique portant deux glycoprotéines (gp) virales :
- gp transmembranaire: gp41
- gp externe: gp120
- d'une partie centrale formée de:
- 2 molécules d'ARN
- 3 protéines:
- - interne majeure: p24
- - interne associée à l'ARN: p15
(p9 + p7)
- - externe: protéine de membrane ou p18
- Les enzymes virales sont la protéase (p10), la
transcriptase inverse (p66 et p61) et l'intégrase
(p32).
- Les nombres
correspondent aux masses moléculaires des protéines (en
kilodaltons). Ces précisions sont données à titre
indicatif pour comprendre les mécanismes de
pénétration du VIH décrits dans le §2.2.2 et
la signification du dépistage par Western blot du §3.2.
2.3 LE CYCLE DU VIH
- Pour
comprendre comment le virus responsable du SIDA infecte l'organisme et
comment réagit le système immunitaire à cette
infection, il est nécessaire, au préalable de rappeler ce
qu'est le système immunitaire ainsi que la nature et la
localisation des cellules immunitaires.
- 2.3.1 Le système immunitaire
-
- Des cellules immunitaires dans le
sang
L'observation d'un frottis sanguin
coloré permet de repérer les cellules immunitaires,
les globules blancs ou leucocytes ( 7 000 / mm3) à côté des globules rouges ou
hématies (5 000 000 / mm3).
On en distingue trois types principaux:
- les granulocytes au noyau plurilobé et au
cytoplasme granuleux,
- les lymphocytes au gros noyau globuleux
entouré d'une mince frange cytoplasmique,
- les monocytes, grosses cellules phagocytaires au
noyau souvent en forme de C.
-
C'est seulement vers 1960 que
les immunologistes ont commencé à penser que les
lymphocytes, cellules sanguines dont le rôle était
jusqu'alors méconnu, pouvaient être les cellules
immunocompétentes c'est-à-dire les cellules
chargées de détecter l'introduction d'un antigène
dans l'organisme et de déclencher une réaction
immunitaire.
- Le schéma ci-contre donne une vue d'ensemble du
système immunitaire.
-
- On distingue:
- - des organes lymphoïdes centraux que sont la moelle
rouge des os et le thymus,
- - des organes lymphoïdes périphériques
(rate, ganglions lymphatiques, vaisseaux lymphatiques).
-
- Le système lymphatique naît dans presque
tous les organes sous forme de capillaires lymphatiques dont
l'extrémité est aveugle. Ces capillaires lymphatiques
convergent pour former des canaux de plus en plus importants.
Sur le trajet de ces vaisseaux lymphatiques se trouvent
disséminés des ganglions lymphatiques. La lymphe y
pénètre par un vaisseau lymphatique afférent et y
ressort par un vaisseau efférent.
Finalement la lymphe est drainée par le canal thoracique et la
grande "veine" lymphatique qui la déversent dans la circulation
veineuse (ces conduits débouchent dans les veines à la
base du cou).
-
-
Des
cellules immunitaires dans les ganglions lymphatiques
-
- Ce sont d'abord des lymphocytes: selon les
récepteurs membranaires qu'ils possèdent, on distingue:
- les lymphocytes B (produits et
différenciés dans la moelle osseuse ou "Bone-marrow"
en anglais): ils sont spécialisés dans la production
d'anticorps,
- les lymphocytes T8 pouvant se transformer en
cellules "tueuses" cytotoxiques,
- les lymphocytes T4, pivots des réactions
immunitaires, qui stimulent les autres lymphocytes.
- On trouve ensuite des macrophages: des monocytes
peuvent quitter la circulation sanguine et se transformer en
macrophages, qui sont alors capables de phagocyter toutes sortes
d'éléments et participer à la défense
immédiate de l'organisme contre une agression.
-
- 2.3.2 Pénétration dans
les cellules-cibles
- Dans les liquides de l'organisme
(sécrétions sexuelles, sang, lymphe interstitielle,
lymphe canalisée, lait maternel) le VIH est libre et au contact
des membranes cellulaires. Seules certaines cellules sont des cibles
pour le virus: les cellules-cibles du virus sont celles sur
lesquelles il peut se fixer, essentiellement
certains lymphocytes T et les macrophages.
-
-
Après avoir
analysé le document correspondant au lien ci-dessus vous
préciserez:
- - les deux éléments
principaux qui caractérisent la liaison qui unit le VIH et sa
cellule-cible,
- - l'identité des
cellules-cibles principales,
- Qu'advient-il de
l'élément viral qui a participé à la
liaison? Pouvez-vous suggérer une hypothèse quant au
mécanisme qu'il pourra ensuite provoquer dans l'organisme?
-
-
- 2.3.3Multiplication du virus et
dissémination
- Les principales cellules portant des récepteurs CD4 sont certains lymphocytes et les macrophages.
-
Vous analyserez les
informations du nouveau lien ci-dessus et vous visualiserez notamment l'animation s'y
référant pour préciser dans un schéma en
quelques étapes primordiales, les événements
déclenchés par la liaison VIH / cellule-cible.
-
- Le cycle de réplication du VIH fait appel aux enzymes
virales qui lui permettent de s'intégrer dans le génome
des cellules cibles et de synthétiser de nouveaux virions.
Les cellules cibles sont les lymphocytes T auxiliaires (" helper ") qui
ont pour immunophénotype CD4+.
D'autres cellules peuvent être infectées telles que les
monocytes et les macrophages qui font office de réservoir viral,
des cellules du système nerveux, ...
3 Phase asymptomatique: le dépistage
du virus
- 3.1 LE TEST ELISA consiste à repérer la
présence d'anticorps dans le sang. Il s'agit d'une
réaction immuno-enzymatique qui fait apparaître une
coloration si le sérum contient des anticorps (séropositivité).
- 3.1.1 Modalités
générales d'un test ELISA
-
Le sérum, ou
tout
autre échantillon dans lequel on cherche à
détecter un anticorps (qu'on appellera anticorps primaire AcI),
est déposé dans un puits d'une plaque "multipuits"
où est adsorbé l'antigène: l'AcI réagit
alors avec ce dernier (réaction antigène-anticorps
Ag-AcI).
- Après lavage, qui élimine les anticorps non
fixés à l'AcI, la présence du complexe immun
Ag-AcI est détectée en ajoutant un anticorps secondaire (AcII)
anti-AcI: cet AcII est conjugué à une enzyme qui a pour
propriété de réagir avec un substrat incolore pour
donner un produit de réaction coloré.
- Les AcII libres sont éliminés par lavage et un
substrat de l'enzyme est ajouté. L'intensité de la
coloration obtenue après la réaction enzymatique est
mesurée par spectrophotométrie.
-
- Un exemple de détection d'une protéine par
la méthode ELISA: la ß-lactoglobuline
Le principe d'un test ELISA pourra être compris en
réalisant la manipulation suivante:
-
1 - Au fond
de
puits d'une plaque multipuits vous placerez, à l'aide d'une
micropipette, 100µL de solution à étudier:
- solution tampon
- ß-lactoglobuline
- lait de vache
- lait de soja
- 2 - Ajoutez dans chacun des puits 100 µL de
conjugué enzymatique (anticorps anti-ß-lactoglobuline
couplé à une enzyme).
3 - Portez à l'étuve à 30°C pendant 15 min.
4 - Videz le contenu de la plaque, rincez en remplissant d'eau
distillée, videz à nouveau.
5 - Ajoutez dans chaque puits 200µL de substrat enzymatique
(réactif d'Elmann qui se colore en jaune sous l'action de
l'enzyme couplée à l'éventuelle
protéine-anticorps présente dans la solution à
étudier).
6 - Laissez agir 10 min et observez les puits.
-
- Quel rôle jouent les quatre premiers puits à
gauche? Quelles conclusions pouvez-vous tirer à l'examen des
quatre derniers puits à droite?
-
- 3.1.2 Application à la
recherche d'anticorps anti-VIH
-
Dans le cas du test
ELISA
appliqué à la recherche d'une éventuelle
séropositivité au VIH, ce sont les protéines
virales qui sont adsorbées au fonds du puits en tant
qu'antigènes en phase solide.
- Les individus, s'ils sont infectés par le VIH,
possèdent dans leur sérum des anticorps dirigés
contre les protéines virales. Ces anticorps sériques
contre le VIH peuvent être détectés dans les six
semaines qui suivent l'infection.
-
3.1.3
Critique de la méthode
- La fiabilité du test ELISA n'est
pas absolue: un faible pourcentage de sujets peuvent apparaître,
à la suite d'un tel test, comme...
- ... de faux
séronégatifs à cause de la "fenêtre
sérologique" (voyez le "zoom" réalisé sur le
document du §2.1 ci-contre),
- ou de faux séropositifs (1
à 2% des cas), car les Ag viraux peuvent se lier à des Ac
non spécifiques du virus.
- Un test positif doit donc
obligatoirement être confirmé par d'autres techniques.
-
-
Après avoir
examiné le graphe, expliquez ce que l'on entend par
"fenêtre sérologique". Quels problèmes
soulève l'existence d'un tel fait?
-
3.2 LE WESTERN BLOT
Parmi ces techniques,
le
Western blot pourra être mis en oeuvre en tant que test de
confirmation, et permettra de déterminer si le patient
possède réellement des anticorps qui réagissent
avec une ou plusieurs protéines virales.
-
- Les protéines virales sont
séparées sur un gel par électrophorèse et
transférées, par migration, sur un support solide, une
membrane de nitrocellulose. Le sérum qui doit être
testé est déposé sur cette dernière. Si des
anticorps anti-protéines virales existent, ils se fixent sur
leurs protéines de manière spécifique. Ils sont
ensuite révélés par une réaction
colorée.
-
- On pourra observer des profils de Western-blots
séquentiels sur l'une des pages "Biology Project" de l'Université d'Arizona
ou, à défaut, sur les manuels de Terminale S.
- Une animation permettra de comprendre le principe de
ce test plus spécifique que la méthode ELISA.
-
- Le schéma ci-contre est proposé à titre
d'illustration pour comprendre cette méthode de diagnostic. La
bande PR correspond à une protéine-repère (non
VIH) permettant d'aligner les profils.
-
-
Après
avoir mis en relation ces résultats avec le schéma du VIH
au §2.2, expliquez pourquoi les bandes révèlent la
présence, dans le sérum du patient, d'anticorps anti-VIH.
Analysez les résultats et concluez quant au sujet testé.
-
4 Phase symptomatique: la diminution
du nombre de lymphocytes T4 et ses conséquences
4.1 LA CLE DU SYSTEME IMMUNITAIRE: LE
LYMPHOCYTE T4
- Les lymphocytes T (LT) sont produits dans la
moelle, mais achèvent leur différenciation dans le Thymus.
Comme nous l'avons vu au §2.2.1, on en distingue deux populations
qui diffèrent par leurs marqueurs membranaires:
- CD8 pour les LT8 qui peuvent se transformer
en cellules-tueuses ou cytotoxiques.
- CD4 pour les LT4 (l'étude du
§2.2.2 nous a révélé que ce marqueur
était responsable de la liaison VIH / LT4): ils stimulent les
autres lymphocytes engagés dans la défense immunitaire,
aussi bien les LB dans la production d'anticorps, que les LT8
cytotoxiques.
-
Certains individus progressent
rapidement vers le stade SIDA, alors que d'autres ne présentent
pas ce stade même au-delà de 10 ans d'infection.
- On trouvera dans le document ci-contre (cliquez sur le logo
pour l'agrandir) l'évolution de différents
paramètres pendant l'infection, chez deux types de sujets
("progresseurs" et "non progresseurs"):
- la charge virale (VIH RNA copies),
- le taux de CD4, représentatif du taux de LT4,
- le taux de LT cytotoxiques,
- le taux d'anticorps anti-gp120 et anti-p24.
-
-
Extrayez
du
document les informations permettant d'expliquer les deux types
d'évolution de l'infection.
-
4.2 LE SUIVI DES POPULATIONS DE LYMPHOCYTES
- On trouvera des renseignements concernant le suivi des
populations de LT4 et LT8 (identifiés encore CTL en anglais,
pour "cytotoxic T Lymphocyte") dans le document "Les acteurs de l'infection et de la réponse
immunitaire acquise" de l'INRP notamment sur la méthode
permettant le suivi des LT4 et LT8 par cytométrie de flux
(qui va au delà du programme officiel, comme les §4.3 et
4.4 suivants d'ailleurs, mais qui pourra intéresser certains) ou
encore dans le document "Immunologie / Biogéo" qui permet de
télécharger les logiciels WinMDI et WMDISHOW.
4.3 L'INSTALLATION DE MALADIES OPPORTUNISTES
- Ces maladies profitent d'un système immunitaire qui
n'est plus capable de protéger l'organisme: vingt-cinq
infections opportunistes ont été
répertoriées et confirment le diagnostic clinique du sida
chez les individus séropositifs.
-
- La candidose orale ou muguet (infection de la bouche
par le champignon Candida) survient fréquemment au
début de la phase symptomatique chez un grand nombre de malades.
- L'infection opportuniste la plus fréquente est la pneumonie
par Pneumocystis carinii (un champignon qui existe dans les
voies aériennes de tous les individus).
-
- On remarque aussi des pneumonies bactériennes
(dues à plusieurs types de bactéries dont Streptococcus
et Haemophilus) et la tuberculose (infection
respiratoire bactérienne causée par Mycobacterium
tuberculosis).
- Au cours de la phase tardive du sida, la dissémination
de l'infection par Mycobacterium avium peut provoquer
fièvre, perte de poids, anémie et diarrhée. On
trouve aussi des symptômes associés à certaines
infections bactériennes du tube digestif (dues à Salmonella, Campylobacter,
Shigella ou d'autres
bactéries).
- On note aussi les infections par des espèces de
Cryptococcus qui provoquent des méningites .
- Des infections dues à Histoplasma capsulatum
affectent jusqu'à10 % des patients et causent une perte de
poids, de la fièvre et des complications respiratoires, ainsi
que de graves complications au niveau du système nerveux
central, y compris des formes de démence, si l'infection atteint
le cerveau.
-
- Les infections opportunistes virales,
spécialement par des membres de la famille des virus de
l'herpès, sont fréquentes. L'un des membres de cette
famille, le cytomégalovirus (CMV), infecte la rétine et
peut causer la cécité. Un autre virus de la même
famille, le virus Epstein-Barr, peut entraîner la transformation
cancéreuse des globules sanguins. Les infections par les virus
herpétiques de type 1 et 2 provoquent des lésions orales
et périanales évolutives.
-
- De nombreux malades du sida développent des cancers,
dont les plus communs sont le sarcome de Kaposi (un cancer des
vaisseaux sanguins qui provoque des lésions cutanées
pourpres pouvant s'étendre aux organes internes et provoquer la
mort) et le lymphome malin ou hématosarcome.
4.4 LES TRAITEMENTS DISPONIBLES
- Les recherches de traitement
contre le virus du SIDA sont
multiples et font appel aux connaissances actuelles sur le cycle du VIH:
- ses moyens pour s'accrocher et
pénétrer dans les cellules cibles,
- sa prolifération dans les cellules
- son expression dans les cellules.
- Les médicaments sont
appelés de ce fait antiviraux. le plus ancien est l'AZT
(azidothymidine) qui inhibe la transcriptase inverse. Depuis la mise en
évidence de son efficacité en 1986, la thérapie
conjugue plusieurs antiviraux (polythérapies) qui
présentent un intérêt par le fait que le VIH est
l'objet de nombreuses mutations pouvant donner des souches
résistantes à un antiviral donné.
-
-
Par des annotations
fléchées ou des numéros vous rendrez compte de
quelques lieux d'action possibles de ces antiviraux sur le
schéma que vous avez réalisé au §2.2.3.
-