


STABILITE ET VARIABILITE DES
GENOMES ET EVOLUTION
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MEIOSE ET FECONDATION SONT A
L'ORIGINE DU BRASSAGE GENETIQUE
-
- Autant les
individus issus du clonage d'une cellule d'un seul parent sont tous
identiques, car ils reçoivent la totalité de
l'équipement chromosomique de celui-ci, autant la reproduction
sexuée produit des individus d'une extrême
diversité. Voyons quels sont les rouages qui assurent cette
variété.
-
1 Le comportement des allèles
à la méiose:
1.1 LA REPARTITION DES ALLELES: UN
CROISEMENT CHEZ SORDARIA
- On croise une souche de Sordaria à
spores blanches avec une souche à spores noires (le
caractère couleur des spores est gouverné par un couple
d'allèles (noir N ou blanc B).
-
On
dépose dans une boîte de Pétri quatre cubes de
gélose couverts de mycélium de souches pures (deux
à spores blanches, deux à spores noires) comme
indiqué sur le schéma ci-dessous. On place la boîte
de Pétri une dizaine de jours à l'étuve dans une
atmosphère humide à 25°C.
- Des périthèces
(fructifications) apparaissent aux endroits de jonction entre les
filaments mycéliens.
- Vous prélèverez
délicatement un périthèce à l'aide d'une
pince fine, que vous monterez dans une goutte d'eau entre lame et
lamelle: vous écraserez légèrement la
préparation pour étaler le périthèce.
- Vous observerez le bouquet d'asques au
microscope.
-
-
-
- Les spores sont enfermées dans
leur asque étroit et occupent donc ainsi la place dont elles
héritent après les deux divisions de méiose et la
mitose surnuméraire. De cette manière l'espace entre
chaque spore figure le plan équatorial du fuseau de division
après chaque télophase: la disposition des spores
reflète la disposition des chromatides en fin de méiose
et les événements qui ponctuent ce
phénomène sont révélés par l'aspect
des asques.
-
Vous observerez
les
différents types d'asques. Vous en ferez des schémas et
dans un bouquet vous évaluerez les proportions de chacun des
types.
-
-
- Nous observons donc que la méiose a des
conséquences sur la répartition des allèles: il
s'agira d'expliquer cette répartition.
1.2 L'EXPRESSION DES ALLELES: LES GROUPES
SANGUINS DU SYSTEME ABO
- Chez les organismes haploïdes la relation entre génotype et phénotype
est simple: pour un caractère gouverné par un
gène, le phénotype correspond à l'unique
allèle qui le détermine.
- En revanche chez les organismes
diploïdes le problème se pose de savoir quel
phénotype résulte du génotype.
-
- Pour presque tous les gènes, il
existe plusieurs allèles apparus par mutations. Certains sont
rares, mais pour d'autres gènes les allèles sont bien
répandus dans la population. En ne considérant que ceux
dont la fréquence dépasse 1%, on admet qu'un tiers des
gènes, dans l'espèce humaine, sont polymorphes.
- On estime par ailleurs que chaque
personne possède deux versions alléliques
différentes pour 7% des gènes environ (individu hétérozygote).
Ce qui signifie que sur un total de 30 000 gènes du
génome humain, chacun est hétérozygote pour 30 000
x 7% = 2 100 gènes. On est dit homozygote pour un
gène donné si l'on possède deux allèles
identiques de ce gène.
-
- Les goupes sanguins ABO correspondent
à la présence ou à l'absence de molécules
appelées "marqueurs" à la surface des globules rouges
(voir le chapitre "innovations génétiques" §1).
- Une personne hétérozygote
possédant à la fois l'allèle A et l'allèle
O a les mêmes marqueurs de type A qu'un individu homozygote
possédant deux allèles A. Le phénotype est
qualifié de dominant.
- Par contre le phénotype O
correspond à la possession de deux allèles O: le
phénotype est dit récessif.
- La possession à la fois de
l'allèle A et de l'allèle B, détermine les deux
types de marqueurs sur les hématies: le phénotype AB est
dit codominant.
-
Dans un tableau
vous
résumerez les génotypes et les phénotypes
(exprimés entre [...] résultant de l'expression
de ces trois allèles A, B et O.
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- Cas particuliers...
-
- Une dominance incomplète chez les Belles-de-nuit:
l'allèle R gouverne la synthèse d'une substance
colorée rouge, l'allèle B ne permet pas la
synthèse de pigment: les fleurs restent blanches. Ainsi,
l'hétérozygote R/B fabrique-t'il des fleurs roses.
-
On
réalise une
fécondation croisée entre deux parents P de races pures
(homozygotes). Sur les plants obtenus en F1 après germination
des graines on laisse se réaliser l'autofécondation. Les
fleurs obtenues en F2 répondent, en terme de phénotype et
de proportions, au schéma ci-contre.
- Interprétez les résultats obtenus en
représentant l'échiquier de distribution des
allèles en F2.
-
-
- L'haplo-suffisance dans certaines maladies
géniques comme la mucoviscidose: c'est une maladie
génique récessive, dont le gène est porté
par le chromosome 7 (maladie autosomale) et qui gouverne normalement la
synthèse d'une protéine appelée CFTR (Cystic
Fibrosis Transmembrane Regulator) qui permet les échanges d'ions
Cl- au travers de canaux protéiques de la membrane plasmique.
L'allèle muté aboutit à la production de
molécules protéiques non fonctionnelles.
- Chez les hétérozygotes S/m
-
S = sain (majuscule pour le caractère dominant)
-
et m = mucoviscidose (minuscule pour le
caractère récessif)
-
- la quantité de protéine CFTR produite par un
seul allèle est suffisante pour permettre un fonctionnement
normal. Alors que chez les homozygotes m/m, son absence se traduit par
la sécrétion d'un mucus visqueux qui cause les
problèmes respiratoires (obstruction des bronches) et digestifs
que connaissent les malades.
- Nous verrons dans le §2.2.2 suivant comment peuvent se
distribuer les allèles dans une famille et comment
connaître le génotype d'un individu.
2 Comment déterminer le
génotype
d'un individu?
2.1 LE CROISEMENT-TEST OU "TEST-CROSS":
- En zootechnie
et en agronomie, il est intéressant de
pouvoir sélectionner des individus de race pure pour un (ou des)
caractère(s) donné(s), c'est-à-dire de trouver une
technique permettant de distinguer des individus homozygotes
d'individus hétérozygotes: c'est le croisement-test
ou "test-cross". Voyons comment cela est possible chez la souris.
-
- Le principe consiste à croiser un
individu dont on ne connait pas le génotype avec un individu
dont on est sûr du génotype: en l'occurrence ici, une
souris au caractère récessif, le pelage blanc (albinos)
par exemple.
- Le schéma ci-contre exprime les
résultats concernant les deux alternatives possibles.
-
Dans les deux
cas
expliquez les résultats obtenus en dressant l'échiquier
si nécessaire (l'observation d'un grand nombre de portées
montre que dans la première alternative, le phénotype
gris échoit à 100%, dans la deuxième alternative,
les deux phénotypes gris et blancs sont équiprobables).
-
2.2 METHODES D'ANALYSE CHEZ L'HOMME:
- Les croisements dirigés ne peuvent
se concevoir chez l'homme. Il est donc nécessaire d'entrevoir
d'autres méthodes pour connaître le génotype d'un
sujet.
-
- 2.2.1 L'analyse d'arbres
généalogiques:
L'arbre ci-contre présente le groupe sanguin
des membres d'une famille sur quatre générations.
- On considère qu'un seul
gène détermine le groupe d'appartenance.
-
Analyse de
l'arbre
dans le but de déterminer les hétérozygotes:
- 1 - Dans tous les cas d'analyse d'un
arbre généalogique, vous commencerez par
déterminer, si le cas échoit, l'(es) allèle(s)
récessif(s) et l'(es) allèle(s) dominant(s)
en prenant bien en compte que la
récessivité ne dépend absolument pas de la
fréquence de l'allèle dans
l'arbre. Pour ce faire, vous vous intéresserez plutôt aux
couples dont les enfants n'ont pas le même phénotype que
leurs parents.
- 2 - Vous observerez ensuite s'il
existe une disproportion dans la répartition des
phénotypes possibles entre les deux sexes:
- - si oui, il pourra être
envisagé une transmission par les chromosomes sexuels (gonosomie),
- - sinon, et c'est le cas ici, puisque
nous avons vu dans le §1 du chapitre "Innovations
génétiques" que le gène gouvernant la
dernière étape de la synthèse des marqueurs du
système ABO est porté par le chromosome 9, la
transmission se fait par autosomie.
- 3 - Procédez à la
détermination du génonotype de chacun des membres. Des
indéterminations peuvent se présenter.
-
-
- 2.2.2 L'électrophorèse
au service du diagnostic:
Nous avons
envisagé, àla
fin du §1, le cas de la mucoviscidose, maladie
génique la plus fréquente du monde occidental (1 enfant
sur 2 000 en est atteint). Elle se manifeste par des syndromes divers
ayant tous en commun une concentration anormale en NaCl dans la sueur.
La transmission autosomale se fait par
l'intermédiaire du chromosome 7. En France, 2 millions de
personnes sont hétérozygotes.
Des
techniques, comme l'électrophorèse, permettent
d'analyser l'ADN àpartir d'une goutte de sang par exemple. Un
dépistage des hétérozygotes est ainsi rendu
possible afin de permettre un diagnostic chez les familles
àrisque. Dans une famille on
relève les
phénotypes ci-contre. Le couple
II4 - II5 et ses trois enfants
révèlent, lors d'une analyse de leur ADN codant pour le
gène CF, dont la mutation est àl'origine de la maladie,
les électrophorégrammes ci-dessous.
-

Déterminez,
à partir de l'arbre généalogique, le
génotype des parents II4 et II5. Situez, dans un
échiquier de croisement les deux enfants III1 et III2.
Faites le lien entre ce que
révèle l'analyse de l'arbre et ce que montrent les
électrophorégrammes. Pouvez-vous apporter une
réponse quant au risque encouru par le foetus III3
vis-à-vis de la mucoviscidose?
3 Le brassage interchromosomique:
- La Drosophile (Drosophila melanogaster) ou
mouche du vinaigre est un matériel de choix en
génétique dans la mesure ou sa petite taille facilite
l'élevage dans des flacons de verre. Chaque accouplement produit
des centaines d'individus et les générations se
succèdent tous les 15 jours. De plus des mutations apparaissent
spontanément, dont on peut augmenter la fréquence par
traitement aux rayons X.
- Leur garniture chromosomique est simple:
2n=8 et les mâles se distinguent des femelles par un chromosome Y
et un chromosome X au lieu de deux chromosomes X.
-
-
ANALYSE D'UN CROISEMENT-TEST CHEZ LA
DROSOPHILE:
On
considère deux caractères:
- la couleur du corps avec les
allèles "corps gris" (caractère sauvage
désigné eb+) et "corps ébène"
(caractère muté, récessif, désigné
eb),
- la longueur des ailes avec les
allèles "ailes normales longues" (caractère
sauvage désigné vg+) et "ailes vestigiales"
(caractère muté, récessif, désigné
vg).
- Le croisement-test ci-contre est
réalisé.
-
En
émettant
l'hypothèse que les deux couples d'allèles sont
situés sur deux paires de chromosomes homologues distincts, vous
représenterez schématiquement l'équipement
chromosomique de chacun des deux parents pour ces deux paires de
chromosomes.
- Représentez ce qui peut se passer en anaphase de
première et deuxième divisions de méiose lors de
la formation des gamètes: montrez, en terme de
probabilité, quel est le pourcentage d'échéance de
chacun des types de gamètes pour chacun des parents.
- Extrapolez ce résultat pour 3 paires de chromosomes,
4 paires (cas de la drosophile), 23 paires (cas de l'homme).
- Réalisez l'échiquier de croisement pour le cas
considéré.
- Combien de cases comporterait-il si l'on croisait deux
hétérozygotes entre eux pour 2, 3, ... n paires de
gènes. Voyez-vous pourquoi l'on parle d'amplification du
brassage réalisé à la méiose grâce
à la fécondation?
-
-
- Ainsi on parle de ségrégation
indépendante des gènes lorsque ceux-ci sont situés
sur des paires chromosomiques différentes: on
reconnaît ce type de transmission héréditaire par l'équiprobabilité
des combinaisons gamétiques réalisées à la
méiose. C'est le brassage interchromosomique.
-
4 Le brassage intrachromosomique:
3.1 CHEZ SORDARIA
- L'observation des asques résultant
d'un croisement permet de visualiser directement les produits de la
méiose (§1.1). Nous avons dénombré les types
d'asques, nous allons à présent essayer d'expliquer la
répartition des spores dans chacun d'eux.
-
Sachant que
Sordaria
est un champignon haploïde et que la couleur des spores est
gouvernée par un seul gène, schématisez
l'équipement chromosomique des cellules du mycélium des
deux souches parentales, de la cellule-oeuf après la
fécondation.
- Afin d'expliquer la répartition
4 / 4, schématisez le comportement des chromosomes à la
méiose, lors de la formation des spores.
-
- Les répartitions 2 / 2 / 2 / 2 et
2 / 4 / 2 méritent une autre explication, dont les
mécanismes ne peuvent que se produire en méiose, puisque,
comme nous l'avons vu, les spores sont les cellules qui
résultent directement de la méiose.
-
Au
cours de la prophase de première division de méiose,
lorsque les chromosomes sont à l'état de bivalents,
il peut se produire des échanges de portions de chromatides
entre chromosomes homologues (crossing-over): ces
phénomènes sont visibles et portent le nom de chiasmas.
-
- Le document ci-contre est
réalisé à partir de l'observation microscopique de
sacs polliniques d'étamines de lis.
-
Vous ferez la
même interprétation que ci-dessus pour l'une ou l'autre
des répartitions 2 / 2 / 2 / 2 ou 2 / 4 / 2. Calculez,
à partir du nombre d'asques de ce type, la probabilité
d'échéance d'un crossing over.
-
-
- Ce type de brassage est appelé brassage
intra-chromosomique.
3.2 ANALYSE D'UN CROISEMENT-TEST CHEZ LA
DROSOPHILE:
On croise des
drosophiles
de lignées pures (homozygotes) présentant les
caractères suivants:
- parents 1: corps "gris" et ailes "normales"
- parents 2: corps "black" et ailes "vestigiales"
-
- On obtient dans la première
génération-fille 100% de drosophiles au corps "gris" et
aux ailes "normales".
- Des femelles de F1 sont croisées avec des mâles au
corps "black" et aux ailes "vestigiales" (croisement-test). Les
phénotypes et les proportions obtenus en F2 sont donnés
dans le schéma ci-contre.
-
Quelle
déduction pouvez-vous faire de l'analyse des résultats de
la génération F1?
- Comme vous l'avez fait pour expliquer les
répartitions 2 / 2 / 2 / 2 et 2 / 4 / 2
des spores de Sordaria, expliquez les phénotypes et la
répartition des drosophiles de la génération F2.
- Comparez ce croisement-test avec celui
réalisé dans le §2: montrez en terme de
représentation chromosomique les différences entre les
deux.
-
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- Le brassage intra-chromosomique
induit une recombinaison entre allèles: les gènes
sont partiellement liés entre eux et les crossing-over rompent
cette liaison en assurant une nouvelle répartition. Les
phénotypes obtenus ne sont plus équiprobables, car la
proportion de gamètes recombinés dépend du nombre
de méioses pour lesquelles il s'est produit un crossing-over.