GLYCEMIE ET DIABETE

 
Nous insisterons sur l'importance de la constance du taux de glucose sanguin ou glycémie. Glycémie signifie sucre ("glyc") dans le sang ("émie"). Le maintien de cette constance est le résultat de la mise en jeu d'un mécanisme hormonal autorégulé entre différents organes.
Cette régulation normale est l'expression d'une information génétique multiple; dans certains cas, des facteurs environnementaux (déséquilibres alimentaires) peuvent la modifier.
 
Eléments requis:
Thèmes traités et activités pédagogiques (durée: 3 semaines):
La régulation de la glycémie
L'origine complexe des diabètes

Thème 1: La régulation de la glycémie

On mesure, à jeun, la glycémie de 131 individus:
 
Glycémie (g.L-1  0,6 0,65 0,7 0,75 0,8 0,85 0,9 0,95 1,0 1,05 1,1 1,15 1,2 1,25 1,3
Nombre d'individus   1 1 6 15 29 18 10 6 7 5 3 2 3 2 1
Glycémie (g.L-1 1,35 1,4 1,45 15 1,55 1,6 1,65 1,7 1,75 1,8 1,85 1,9 1,95 2,0  
Nombre d'individus   1 3 1 2 2 2 1 1 1 2 1 2 1  

Quelle évaluation pouvez-vous faire de ces résultats (version Excel du tableau)?

La valeur normale à jeun, ou dans la journée avant les repas, est comprise entre 0,70 et 0,90 g.L-1: on retient généralement la valeur de 1g.L-1. On peut aussi la mesurer 1 h 30 après le début du repas (glycémie postprandiale) et sa valeur normale est inférieure à 1,50 g.L-1.
On peut la mesurer très facilement soi-même, à domicile ou sur son lieu de travail, avec un petit appareil appelé « lecteur de glycémie » qui analyse une goutte de sang, qui est prélevée au bout du doigt avec une sorte de stylo appelé «autopiqueur». On parle de «glycémie capillaire» car le sang provient des tout petits vaisseaux appelés capillaires.
 
 Législation sur le sang et les produits dérivés
Hépatite et SIDA constituent les risques majeurs: toute manipulation d'échantillons de sang humain faite par les élèves est interdite (sauf en sections spécialisées où elle est strictement réglementée (vaccination contre l'hépatite obligatoire notamment).

Extrait du BOEN n°3 du 21 janvier 1993

"Les utilisations expérimentales indispensables seront réalisées par les élèves exclusivement à partir de sang obtenu dans des centres spécialisés et offrant toutes les garanties d'innocuité ou à partir de sang de mammifère".
 

Vous trouverez ci-dessous quelques conseils donnés aux diabétiques pour mesurer leur glycémie. En classe, la manipulation peut être faite par le professeur sur lui-même, sous une caméra de type DIDACAM afin que les élèves assistent de leur place à l'opération sur l'écran de télévision.
1 - Lavez-vous les mains à l'eau chaude, d'une part pour éviter une infection, et d'autre part pour éviter que des débris alimentaires microscopiques ou la sueur faussent l'analyse.
2 - Mettez une lancette neuve dans l'autopiqueur afin de réduire la sensation douloureuse, elles ont un diamètre très faible et sont très affutées, ce qui fait que leur pointe s'abîme lors de leur utilisation.
Bien entendu, une même lancette ne doit jamais être utilisée par deux personnes différentes, même de façon exceptionnelle.
3 - Préparez une bandelette et mettez en marche le lecteur de glycémie. Tous les segments d'affichage s'allument alors pendant quelques secondes, de manière à pouvoir vérifier au passage qu'il n'y a pas un ou plusieurs segments défectueux (ce qui conduirait à un affichage incohérent ou de chiffres erronés).
4 - Avec l'autopiqueur, piquez sur le côté de la dernière phalange (c'est à cet endroit qu'il y a le plus de sang et que cela fait le moins mal) des trois derniers doigts de la main gauche ou de la main droite (le pouce et l'index sont les doigts les plus souvent utilisés pour sentir, toucher ou saisir les objets; il vaut donc mieux ne pas les piquer). La sensation douloureuse peut être réduite au moment de la micropiqûre, en pressant les bords interne et externe de la deuxième phalange du doigt où est réalisé le prélèvement avec le pouce et les autres doigts de la même main.
5 - Approchez le doigt de la bandelette de façon à ce que l'extrémité inférieure de la goutte de sang vienne au contact de la zone de dépôt de la bandelette. La goutte de sang glisse alors toute seule dans la bandelette.
Après affichage du résultat, il est possible avec certaines bandelettes, de comparer visuellement le changement de couleur de la zone réactive avec une échelle de couleur présente sur la boîte de bandelettes.
 
Notez les indications données par l'appareil (date, heure) ainsi que les conditions de la mesure.

 
La glycémie peut être exprimée en grammes par litre (g.L-1) ou mg.dL-1, mais aussi en millimoles par litre (mmol.L-1), la mole étant un mode d'expression normalisé des unités biologiques :
- La conversion des g.L-1 en mmol.L-1 est obtenue en multipliant les g.L-1 par 5,5.
- La conversion des mmol.L-1 en g.L-1 est obtenue en multipliant les mmol.L-1 par 0,18.

Retrouvez ces valeurs de conversion en calculant la masse molaire du glucose C6H12O6.

 
La glycémie oscille en fait tout au long de la journée autour de cette valeur: on la mesure à différents moments de la journée chez un même individu.
 
Heures   6:30 7:00 8:30 9:00  9:20 10:00 11:00 12:00 12:30 13:00 13:30  14:00
Glycémie (mg.dL-1  80 95 92 84 86 87 86 84 82 101 110
108
Circonstances   Petit déj.  
Travail sédentaire (bureau)
Déj.  Marche (1,5km-15') 
Travail debout
Heures  15:00 15:44 17:46 17:53 19:00 20:00 21:00 22:00 24:00 2:00 4:00 6:00
Glycémie (mg.dL-1 95  88 79 86 80 115 110 105 95 86 84
80
Circonstances 
Travail debout
Absorption de 5g de glucose à 17:48 
 Dîner    
  Sommeil

Représentez graphiquement ces variations (version Excel du tableau) et comparez les en fonction des moments de la journée et des conditions physiologiques (absorption d'aliments, activités).


L'amplitude modeste de ces variations surprend si l'on considère:
- la faible disponibilité de glucose libre dans les liquides de l'organisme (20 L de sang et de lymphe, dans cette dernière le taux de glucose est voisin de la glycémie),
- l'importance de la consommation moyenne de glucose par l'organisme (10 à 15 g.h-1 en moyenne).

Il est possible de réaliser un test d'hyperglycémie provoquée par voie orale (HPO): il consiste en une prise standardisée de glucose (75 g dissout dans 250 ml d'eau, à absorber en moins de 5 minutes).
Chez un sujet on a obtenu les résultats suivants:
 
 Temps après l'ingestion (h) 0h30 1h 1h30 2h 3h 4h 5
 Glycémie (mg.dL-1) 80 130 125 105 80 75 70 80
 (mmol.L-1)                

Evaluez la réserve totale de glucose circulant dans l'organisme, la consommation journalière de glucose. Comparez les deux valeurs.
Quel problème est ainsi posé?
Que vous inspire les résultats de l'HPO pour donner une première explication au problème posé?
Proposez un modèle de gestion du glucose dans l'organisme sous forme de schéma qui prenne en compte les constatations faites ci-dessus à savoir les entrées de glucose, la réserve, le glucose circulant et les sorties.

1.1 L'HOMEOSTASIE GLYCEMIQUE, UN PROBLEME DE GESTION DES RESERVES

Les expériences historiques de Claude Bernard en 1855 ont révélé le rôle du foie qui reçoit l'ensemble du sang irriguant la muqueuse intestinale (schéma ci-contre).
    • PREMIERES OBSERVATIONS DE CLAUDE BERNARD
      " Pour suivre les transformations des matières sucrées alimentaires dans l'organisme, je pris des chiens qui, étant omnivores, se prêtent plus facilement à un régime déterminé. Je les divisai en deux catégories, donnant aux uns et aux autres la même alimentation, sauf une substance: le sucre. Les uns recevaient de la viande cuite seule, les autres de la viande additionnée de sucre. J'ouvris l'un des chiens soumis au régime avec addition de sucre: je trouvai du sucre dans l'intestin, j'en trouvai dans le sang. Ce résultat n'avait rien que de prévu puisque l'animal avait mangé du sucre.
      Je fis la même épreuve sur un chien soumis au régime exclusif de la viande cuite, je ne fus pas médiocrement étonné de rencontrer chez lui, comme chez le premier, du sucre en abondance dans le sang, quoique je n'en pusse déceler aucune trace dans l'intestin.
      Je répétai l'expérience de toutes les manières; toujours le résultat se présenta le même: [du glucose] en aval du foie, dans les vaisseaux sus-hépatiques, dans la veine cave inférieure, dans le coeur droit et au delà."
    • L'EXPERIENCE DU "FOIE LAVE"
Cette célèbre expérience a été réalisée en 1855. Claude BERNARD l'a décrite en ces termes:
"J'ai choisi un chien adulte, vigoureux et bien portant, qui, depuis plusieurs jours, était nourri de viande; je le sacrifiai 7 heures après un repas copieux de tripes.
Aussitôt, le foie fut enlevé, et cet organe fut soumis à un lavage continu par la veine porte J'abandonnai dans un vase ce foie à température ambiante et, revenu 24 heures après, je constatai que cet organe que j'avais laisséla veille complètement vide de sucre s'en trouvait pourvu abondamment."
Après avoir réalisé son expérience, Claude Bernard conclut: "cette expérience prouve que dans un foie frais, à l'état physiologique, c'est-à-dire en fonction, il y a deux substances:
- le sucre, très soluble dans l'eau, emporté par le lavage;
- une autre matière assez peu soluble dans l'eau: c'est une substance qui, dans le foie abandonné à lui-même, se changea peu à peu en sucre."
Le foie: choisir, comme indiqué ci-contre, la rubrique "Histologie spéciale humaine - Appareil digestif - Glandes annexes - Foie".
Le choix de vues appropriées vous permet d'observer:
- les lobules du foie (dessin d'observation),
- les hépatocytes des lobules, cellules spécialisées bien reconnaissables,
- le glycogène, au microscope électronique, sous forme de particules cytoplasmiques denses, regroupées en rosettes.
Le muscle: choisir la rubrique "Histologie générale - Tissus musculaires (TM) - TM strié squelettique".
Vous pourrez observer:
- les cellules musculaires en CT et CL,
- une coloration spéciale permet d'y observer les grains de glycogène.
Le tissu adipeux: choisir la rubrique "Histologie spéciale humaine - Système cutané - Hypoderme".
Vous pourrez observer:
- les lobules adipeux,
- les adipocytes.

1.2 ROLE DU PANCREAS DANS LA REGULATION GLYCEMIQUE


1.3 LA REGULATION DE LA GLYCEMIE, EXEMPLE DE MECANISME AUTOREGULE

Thème 2: L'origine complexe des diabètes

Il existe un système de régulation de la glycémie et pourtant certains individus manifestent une hyperglycémie, caractéristique du diabète. Dans ce cas, quelles sont les défaillances du système de régulation? Quelle en est l'origine?
 
Pour porter le diagnostic de diabète il suffit de constater une hyperglycémie chronique:
 
 Glycémie à jeun supérieure à 1,26 g/L (7 mmol/L) à deux reprises
ou
Glycémie supérieure à 2 g/L (11,1 mmol/L) à n'importe quel moment de la journée
 
Les données essentielles pour le diagnostic étiologique (=qui se réfère aux causes) sont cliniques :

2.1 DEUX GRANDS TYPES DE DIABETES:

2.2 PART DU GENOTYPE ET PART DE L'ENVIRONNEMENT

* Prévalence: Nombre de personnes malades, de cas d'une maladie ou d'un autre événement, recensé dans une population déterminée, sans distinction entre les cas nouveaux et les cas anciens.