
MORPHOGENESE VEGETALE
-
- L'établissement du
phénotype,
en l'occurrence ici, la genèse de la forme d'une plante, met en
jeu
des processus biologiques où des gènes sont responsables
(mitose,
actions hormonales), mais aussi des facteurs externes dont la
variabilité
ajoute à la diversité génique pour aboutir
à
une diversité phénotypique.
-
- Eléments requis:
- l'universalité et la
variabilité
de la molécule d'ADN,
- la signification des
chromosomes.
- Thèmes traités
et activités
pédagogiques (durée: 5
semaines):
La construction d'une plante
La mitose, processus commun aux cellules des
Eucaryotes
Croissance cellulaire et contrôle de la
morphogenèse
Thème 1: La
construction
d'une plante
1.1 DIVERSITE MORPHOLOGIQUE DES VEGETAUX
- 1.1.1 Des ports différents
chez
des végétaux de même espèce:
- Le port ou allure générale d'une plante est le
résultat
de la disposition et du développement relatif des organes:
tige-tronc,
rameaux-branches, feuilles.
-
Vous allez
étudier la diversité du port d'un arbre de nos
régions: le hêtre (Fagus sylvatica).
- 1) A l'aide de la planche botanique issue de "Flora von
Deutschland,
Österreich und der Schweiz (1885 - 1905) von Otto Wilhelm
Thomé"
présentez les caractères généraux de
l'espèce
Fagus sylvatica.
- 2) Présentez les caractères particuliers
observés sur
un hêtre isolé et sur des
hêtres
en futaie.
-
La morphologie d'un végétal dépend des
caractéristiques
génétiques de l'espèce, mais des
différences
importantes peuvent y être constatées: par exemple selon
que
des arbres croissent isolés ou en futaie, en lisière. Ces
différences s'expliquent par l'interaction entre les individus,
par l'action de la lumière.
-
- 1.1.2 Des ports semblables chez des
végétaux
d'espèces différentes peuvent être
constatés
si les individus sont soumis à un même environnement:
-
- 1.1.3 Action des facteurs externes:
- - La lumière évite l'étiolement (allongement des tiges,
décoloration,
arrêt de croissance des feuilles), un éclairement
inégal
se traduit par une dissymétrie de croissance.
- - Le vent oriente les branches dans la direction
opposée.
La pluviosité, l'enneigement interviennent aussi.
- Les propriétés du sol, la
disponibilité en nutriments peuvent influencer la
morphogénèse.
- L'action de l'homme (taille,...) intervient aussi.
-
- 1.1.4 Génotype et
phénotype:
-
- La morphologie des végétaux résulte de
l'expression
du génotype, mais la réalisation du phénotype est
aussi
conditionnée par des facteurs de l'environnement.
Ces derniers ne modifient en rien le génotype de la plante comme
le
montrent le développement des boutures.
Des plantes non apparentées, mais se
développant
dans un environnement similaire présentent des
caractéristiques
morphologiques voisines, génétiquement
déterminées.
1.2 CROISSANCE D'UNE PLANTE
- 1.2.1 Développement du
réseau
racinaire:
- Lors de la germination de la graine, c'est la
croissance
de la radicule qui forme la racine principale.
- Elle s'allonge par son extrémité, en
s'enfonçant
dans le sol et des ramifications se forment latéralement
(racines
secondaires). Le réseau racinaire formé dépend des
caractéristiques
de l'espèce, mais aussi de l'environnement
(propriétés
du sol, alimentation en eau,...).
-
Des graines de
pois, de lentille, de soja, ... sont mises à germer
sur du terreau ou de la vermiculite:
-
Animation
- Les jeunes plantules peuvent ainsi être
arrachées
sans dommage et rincées à l'eau. Rendez compte par des
schémas
annotés de la formation du système racinaire d'une jeune
plantule.
-
-
- 1.2.2 La formation des parties
aériennes:
- L'embryon de la graine comporte aussi une petite tige,
la tigelle, pourvue d'un bourgeon terminal, la gemmule.
La tige comporte des noeuds, où sont
insérées
les feuilles et des entre-noeuds. A l'aisselle d'une feuille,
un bourgeon
axillaire permet le développement de rameaux secondaires
(voir: l'organisation
d'une plante verte).
Sous nos climats, les feuilles sont généralement
caduques,
les bourgeons, en revanche, sont des structures permanentes, mais en
hiver,
leur développement est ralenti; au printemps certains
éclosent,
d'autres restent dormants.
L'architecture aérienne de la plante dépend donc du
fonctionnement
des bourgeons.
-
- 1.2.3 La croissance en
épaisseur
- Elle est surtout visible chez les plantes pérennes
comme
les arbres.
1.3 LE FONCTIONNEMENT DES ZONES DE
CROISSANCE
- 1.3.1 Croissance en longueur des
racines:
-
Prélevez
quelques germinations (§1.2.1) dont la jeune racine
a environ 1cm. A l'aide d'un feutre indélébile
très
fin, faites une série de marques espacées
régulièrement tous les millimètres. Replacez-les
sur milieu humide et observez
les racines quelques jours
après.
-
Animation
- Quelle zone de la racine est l'objet d'une croissance en
longueur?
Evaluez l'augmentation en longueur des différents espaces: pour
ce
faire, sur une photographie numérisée, utilisez un
logiciel
approprié tel que "MESURIM" téléchargeable sur le
site
de l'Académie d'Amiens:
-
http://pedagogie.ac-amiens.fr/svt/info/logiciels/Mesurim2/Telecharge.htm
-
- dont vous aurez étalonné le curseur à
l'aide
de la fonction "Outils-Créer une échelle" (à
partir
de l'échelle de l'image numérisée), il suffit de
tracer
un trait entre deux repères pour connaître la longueur
précise
de l'espace.
- Rendez-compte de vos évaluations sur un graphe de
l'élongation
de la radicule en fonction de la distance à l'apex.
-
-
Des mesures
après marquage montrent que la croissance est localisée
à quelques mm (voire cm) de l'extrémité ou apex.
- Essayons de comprendre la structure microscopique de cette
zone
de croissance.
-
-
Réalisez
une préparation de coupe longitudinale d'extrémité
de racine d'ail ou d'oignon dans la zone de croissance. Pour ce faire,
utilisez
un microtome et une lame de rasoir; un morceau de tige sera inclus dans
de
la moelle de sureau.
- Faites-en une observation microscopique au faible
grossissement
et rendez compte par un schéma annoté.
- A défaut vous pouvez utiliser les images
du
site de l'académie de Jussieu:
-
http://www.snv.jussieu.fr/bmedia/racine/05-elongation.htm
- qui vous permettront de bien comprendre le devenir des
cellules
dans une zone de croissance et ses abords.
-
La croissance associe deux phénomènes:
- des divisions cellulaires (mitoses)
localisées
à la zone du méristème, sous la coiffe:
les cellules y sont petites, équidimensionnelles, indifférenciées.
- une élongation des cellules produites dans
la
zone située juste au-dessus.
Un peu plus loin,
les cellules subissent une différenciation
(acquisition des caractères en liaison avec leur fonction):
poils
absorbants en périphérie, cellules des tissus conducteurs
de sève, cellules de réserve.
- Les racines secondaires se forment par
dédifférenciation
de certaines cellules.
- Le schéma ci-contre précise l'organisation
histologique
de la racine.
-
- 1.3.2 Fonctionnement des bourgeons:
- Les bourgeons sont situés à
l'extrémité
des tiges ou des rameaux (bourgeons apicaux) ou à
l'aisselle
des feuilles (bourgeons axillaires).
-
Chez
les espèces pérennes, le bourgeon, protégé
par des écailles est constitué:
- d'un méristème apical, aux cellules
petites,
qui s'allongeront et se différencieront en cellules
chlorophylliennes,
cellules conductrices de sève,...
- d'ébauches foliaires,
- de massifs de cellules méristématiques
à
l'aisselle de chaque ébauche foliaire.
-
- Le bourgeon est ainsi un rameau en miniature dont les
entre-noeuds
ne sont pas développés. Nous pouvons découvrir la
localisation
des méristèmes primaires d'une plante sur un schéma d'un plant de haricot.
-
A partir d'une
coupe microscopique de méristème caulinaire
(= de tige) ou, à défaut, du document micrographique
ci-dessus, vous ferez
un
dessin d'observation légendé (vous n'oublierez pas
d'indiquer
la position du méristème apical).
- Au vu de ce document, quelle est la caractéristique
des
cellules d'un méristème? Comment évolue les
cellules
voisines? C'est cette évolution que l'on nomme différenciation.
-
- La description détaillée des cellules
différenciées,
les mécanismes de la différenciation cellulaire et de
l'organogénèse
ne sont pas au programme de la classe de 1èreS, mais à
titre d'information et de curiosité, vous pouvez consulter
à ce sujet:
Thème 2: La
mitose,
processus commun aux Eucaryotes
La
mitose est
une division donnant
naissance à deux
cellules-filles
au même patrimoine génétique que la
cellule-mère.
Cela suppose une duplication de l'ADN avant le partage cellulaire.
-
Pour observer la
mitose et les chromosomes, un matériel biologique
simple et facile à obtenir est constitué par les jeunes
racines obtenues à la base de bulbes de diverses plantes (ail,
oignon, jacinthe,...).
Vous pouvez suivre la technique décrite dans le site:
-
http://georges.dolisi.free.fr/Microbio/TP/Mitose_prep.htm
- La réalité de la duplication, puis du partage
rigoureux
du matériel génétique entre les deux
cellules-filles
peut être observé sur un document
microcinématographique:
vous distinguerez la fissuration longitudinale de chaque chromosome en
deux
chromatides, chacune emportée à un pôle de la
cellule.
-
-
2.1 LA DUPLICATION DES CHROMOSOMES
- Cette fissuration longitudinale des chromosomes implique une
duplication
du matériel génétique.
- Le microscope électronique révèle des "yeux de réplication"
au niveau des zones dupliquées, qui se rejoignent: les deux
copies
restent solidaires au niveau du centromère du chromosome
mitotique.
- La duplication se déroule pendant la période S
("synthesis") de l'interphase, comprise entre deux périodes
de croissance cellulaire G ("growth").
-
- Il est possible de connaître la durée du cycle cellulaire par cytométrie de flux.
-
Mettez en
évidence ces périodes sur le graphe ci-dessus.
Indiquez la ploïdie du nombre de chromosomes pour chaque
période
(= nombre de jeux chromosomiques d'une cellule: le nombre deux, par
exemple,
correspond à la diploïdie).
-
-
- 2.1.1 La réplication,
mode
semi-conservatif de la duplication
- Watson et Crick (1952), après
leur
découverte de la structure moléculaire de l'ADN (double
hélice
faite de 2 brins complémentaires de nucléotides A = T et
G
C), proposèrent le mode
semi-conservatif de duplication où
chaque brin ancien sert de matrice à la synthèse d'un
nouveau
brin (la moitié de la molécule-mère est ainsi
conservée).
- Taylor (1957), sur des racines, puis Meselsohn
et Stahl (1958), sur la bactérie Escherichia coli,
confirmèrent
le modèle grâce à des expériences de
marquage
nucléotidique (autoradiographie):
-
Taylor cultive de
jeunes racines sur un milieu 1 contenant de la thymidine
tritiée (nucléotide T dont l'hydrogène est
représenté
par l'isotope 3H ou tritium). Afin d'analyser
le mécanisme
d'autoreproduction des chromosomes, il utilise la technique d'autoradiographie:
les chromosomes sont observés alors que de la colchicine a
été
ajoutée au milieu de culture (cette substance empêche la
séparation
des chromosomes en fin de métaphase: les chromosomes issus des
mitoses
successives restent dans la même cellule; on obtient ainsi non
plus
2n, mais 4n, 8n chromosomes).
Dans un premier temps les racines sont placées pendant la
durée
d'une interphase dans le milieu radioactif (milieu 1), puis
elles
sont soigneusement lavées et placées dans un milieu non
radioactif
(milieu 2).
On prélève une cellule du milieu 2 après
un
temps correspondant à la durée de la 1ère mitose
commencée
dans le milieu 1: la plaque métaphasique est
schématisée
en (A). On recommence la même préparation avec une cellule
prélevée
dans le milieu 2 après un temps correspondant à la
durée de la 2e mitose: la nouvelle plaque métaphasique
est schématisée
en (B).
-
Montrez par des
schémas que ces résultats confirment
le modèle de réplication semi-conservative de l'ADN.
-
-
-
2.1.2 Un
complexe enzymatique formé par l'ADN- polymérase catalyse
la réaction en écartant les deux brins, assurant ainsi la
polymérisation
des nucléotides et "corrigeant" les "erreurs d'accrochage".
2.2 DEROULEMENT DE LA
MITOSE
- Après l'interphase, chaque chromosome est
dédoublé
en deux chromatides. Lors de la mitose, ce matériel est
partagé.
- Vous pouvez étudier le
déroulement
de la mitose sur le site de botanique de l'Université de Hambourg.
- 2.2.1 Les étapes de la
mitose:
- la prophase (pro- = en avant): les chromosomes
dupliqués se condensent en se spiralisant. Un fuseau
achromatique
fait de microtubules se tend entre les deux pôles, à
partir
du centrosome. La membrane nucléaire s'estompe et les centromères
s'attachent aux fibres du fuseau.
- la métaphase (meta- = changement): les
chromosomes
s'alignent sur le plan équatorial du fuseau, les
centromères
forment la plaque équatoriale et commencent de se
dupliquer.
- l'anaphase (ana- = de bas en haut): chacune
des
deux chromatides de chaque chromosome migre à un pôle
du fuseau formant deux lots rigoureusement égaux. La
séparation
du cytoplasme commence.
- la télophase (telo- = fin): les
chromosomes-fils
se décondensent, l'enveloppe nucléaire se forme, le
fuseau
disparaît et les deux cellules-filles se séparent (cytodiérèse).
- Chez les végétaux, le phragmoplaste,
formé
par des vésicules contenant les molécules
nécessaires,
élabore une ébauche de paroi.
Chez les animaux le cytoplasme se divise par étranglement et des asters
(assemblages de microtubules associés
au
centriole) apparaissent aux pôles du fuseau.
La mitose dure de une à quelques heures, alors que le cycle
cellulaire
complet a une durée d'une vingtaine d'heures.
-
- 2.2.2 Après la mitose,
l'information génétique est conservée d'une
génération cellulaire à l'autre.
-
Vous analyserez
une préparation microscopique du commerce de mitoses
de pointe de racine d'ail ou, à défaut, les micrographies
du
site de l'académie de Rouen ou de celui de l'Université Pierre et Marie Curie de Jussieu.
- Réalisez des dessins d'observation de chaque
stade.
-
Thème 3:
Croissance
cellulaire, contrôle de la morphogenèse
3.1 PARTICULARITES STRUCTURALES DE LA PAROI
CELLULAIRE
- L'architecture des cellules végétales s'organise
à
l'intérieur d'un cadre plus ou moins rigide: la paroi ou
membrane
pecto-cellulosique. Son existence conditionne la croissance.
- 3.1.1 L'origine de la paroi
cellulaire:
la mitose
- La paroi entoure toutes les cellules
végétales.
Lorsque la cellule se divise, c'est au moment de la télophase que se
constitue
la nouvelle paroi qui séparera les deux cellules filles.
- La pectine et les hémicelluloses, les
protéines
enzymatiques sont élaborées dans les vésicules
golgiennes
et sécrétées par exocytose. La cellulose, au
contraire
est directement élaborée dans la paroi au niveau de la
membrane
plasmique.
-
- 3.1.2 La morphologie des
cellules dépend beaucoup des contraintes externes à la membrane plasmique:
- les pressions relatives des cellules voisines,
- la structure et la rigidité de la paroi cellulaire
elle-même.
-
Vous disposez
d'un bulbe d'oignon rouge. Prélevez deux lambeaux
d'épiderme que vous placerez:
- - l'un dans de l'eau du robinet, c'est-à-dire
une
solution moins concentrée en substances dissoutes que le contenu
cellulaire
(milieu hypotonique),
- - l'autre dans une solution de saccharose à
0,3
mol.L-1 ou de NaCl à 50 g.L-1 ,
c'est-à-dire une solution à une
concentration
plus grande que le contenu cellulaire (milieu hypertonique).
- Observez au fort grossissement du microscope et
réalisez
un dessin d'observation de quelques cellules de chacune des deux
préparations.
-
- 3.1.3 La paroi cellulaire
primaire
est une surface extensible constituée de plusieurs couches mises
successivement
en place après la mitose:
- la lamelle moyenne, pectique avec de
chaque
côté ...
- ... une paroi primaire extensible (1 à 3
µm)
constituée d'un réseau de microfibrilles de cellulose
(glucide complexe), enrobé dans une pâte
d'hémicelluloses,
de composés pectiques (autres glucides) et de
protéines
comme l'extensine.
-
Il est possible
d'observer cette structure sur une coupe semi-fine d'épiderme
de tige en croissance.
- Vous rendrez compte de vos observations en
réalisant
un dessin de la préparation observée à l'adresse:
-
http://www.snv.jussieu.fr/bmedia/paroi/croissance.htm
- L'ultrastructure de la paroi primaire pourra
être
précisée, à titre d'information, à
l'adresse:
-
http://www.inrp.fr/Acces/biotic/morpho/html/paroi.htm#structure
- ou bien encore:
-
http://www.snv.jussieu.fr/bmedia/paroi/ultrastructure.htm
-
- 3.1.4 L'allongement des cellules:
- L'augmentation de surface de la paroi primaire
nécessite
deux processus:
- le relâchement de la pâte qui unit les
microfibrilles
- et l'addition de nouveaux éléments
(microfibrilles,
composés pectiques).
- La surface pariétale s'accroît donc et la
cellule
grandit.
-
- Le moteur de l'allongement cellulaire: dans une
cellule
qui grandit, de l'espace disponible, occupé principalement par
des vacuoles (grosses vésicules cytoplasmiques), se
crée.
- Elles contiennent de nombreuses substances dissoutes dans
l'eau
(ions, acides aminés, saccharose, pigments,...), qui
créent
par osmose (mouvement d'eau allant du milieu le moins
concentré
ou hypotonique vers le milieu le plus concentré ou hypertonique)
un
appel d'eau de l'extérieur vers l'intérieur.
Il en résulte une pression, la pression de turgescence,
qui s'exerce sur la
face
interne de la paroi.
-
Etudions le rôle joué par
cette pression de
turgescence.
-
-
- Quand la cellule perd de l'eau, la vacuole diminue de
volume
et la cellule devient plasmolysée, ce qui peut conduire,
en
cas de prolongation, à la mort de la cellule.
- La paroi permet aussi à la cellule de ne pas
éclater
sous l'effet de cette pression: preuve en est l'éclatement de protoplastes
(cellules privées de paroi) placés en milieu hypotonique.
-
- 3.1.5 Fonction de la paroi:
- Lorsque la taille de la cellule est acquise, une paroi
secondaire,
formée de dépôts serrés successifs de
microfibrilles
de cellulose, sans pectine et sans extensine, offre un cadre rigide
permettant
de maintenir, avec la pression de turgescence, un port dressé
à
la plante.
-
-
Toujours
en
consultant le site "l'anatomie des angiospermes" nous
pouvons
observer des regroupements de cellules spécialisées en
tissus
de soutien et en tissus conducteurs dans la racine:
-
http://www.snv.jussieu.fr/bmedia/anatomie/index.html
-
- Une technique de coloration "carmin aluné-vert
d'iode"
permet de reconnaître les parois et donc les types de tissus:
- 1 - les coupes réalisées avec un
microtome
(racines, tiges, feuilles, ...) sont placées dans l'hypochlorite
de
sodium (eau de javel) pendant 15 min: les cellules sont tuées et
leur
contenu oxydé et détruit,
- 2 - elles sont rincées à l'eau et
passées
dans l'acide éthanoïque (acide acétique), puis
plongées
dans une solution de carmin aluné-vert d'iode pendant quelques
minutes,
- 3 - à nouveau rincées, elles sont
montées
entre lame et lamelle dans une goutte d'eau.
- Le carmin aluné
colore
spécifiquement en rose la cellulose
et
le vert d'iode, la lignine (bois).
- On peut ainsi distinguer parmi:
- les tissus de soutien:
- le collenchyme,
non
lignifié.
- le sclérenchyme,
lignifié.
- les tissus conducteurs:
- le phloème ou
liber,
non lignifié: principal tissu servant au transport des
substances
élaborées issues des feuilles.
- le xylème,
lignifié,
principal élément du bois qui transporte la sève
brute
issue des racines.
- N.B. Ces
précisions
ne sont pas à connaître dans votre programme.
-
3.2 CONTROLE DE LA CROISSANCE CELLULAIRE
- Comment la
cellule
végétale grandit-elle sous l'impulsion de la pression de
turgescence?
-
- 3.2.1 L'auxine, une hormone
végétale:
- Cette notion a été introduite par Darwin
en
1880: il constata qu'un coléoptile
de graminée (étui protecteur des jeunes feuilles),
éclairé
latéralement, grandissait en direction de la lumière (phototropisme
positif).
-
- Rôle de l'auxine sur la
croissance
et le phototropisme des coléoptiles de blé
-
1. Pour chaque
expérience, rechercher la question que se pose
le chercheur.
2. L'auxine étant la molécule (hydrosoluble)
déclenchant
la croissance, indiquez le lieu de sécrétion de celle-ci,
et
son domaine d'action.
3. Quelle est la cause de la courbure de la tige ?
4. La diffusion de l'auxine a-t-elle une répartition
inégale
? Quel est le facteur qui commande cette répartition ?
-
De
nombreuses et longues recherches aboutissent à l'identification,
l'extraction, la compréhension du mode d'action et la
fabrication
de la substance responsable: l'auxine ("auxesis":
croissance),
c'est la première hormone végétale
découverte.
-
- Une hormone végétale est
une
substance:
- fabriquée par la plante,
- active à faible dose,
- véhiculant une information
à
des cellules-cibles, sensibles à son action, dont elle modifie
le
fonctionnement,
- détruite après avoir agi.
- 3.2.2 Effets physiologiques de
l'auxine:
- Le mot "auxine" désigne aussi un ensemble de
substances
proches ayant les mêmes propriétés physiologiques.
- Nous allons essayer de mettre en évidence le lieu de
production
de l'auxine dans un coléoptile de graminée.
-
Des graines
(maïs, blé, avoine,...) sont mises à tremper
dans de l'eau pendant 24 heures puis déposées sur une
couche
de papier filtre. Quand les germinations ont atteint le stade de la
radicule,
elles sont déposées sur de la gaze sur des bocaux remplis
d'eau
et éclairées bien verticalement. Au bout de plusieurs
jours,
des coléoptiles se sont développés, qui mesurent
environ
2 cm.
On choisit ceux qui
sont bien droits et on les répartit en quatre
lots :
- lot 1: témoin n'ayant reçu aucun traitement,
- lot 2: apex enlevé (manipulation
réalisée
sous la loupe binoculaire, en prenant soin de préserver la jeune
feuille
sous le coléoptile.
- lot 3: apex enlevé, mais remplacé par un
cube
de gélose contenant de l'auxine (AIA),
- lot 4: apex enlevé et recouvert d'un cube de
gélose
sans AIA.
- Après 48 heures, des échantillons de chaque lot sont
photographiés
(lot 1: échantillons 1 et 2, lot 2: 3 et 4, lot 3: 5 et 6, lot
4:
7 et 8).
- Vous mettrez en évidence le rôle de l'apex en
mesurant
la longueur des coléoptiles au début et à la fin
de
l'expérience pour en déduire le pourcentage
d'accroissement.
Pour cela vous utiliserez le logiciel MESURIM.
-
- Après avoir donné l'échelle de
l'image
à l'aide de la fonction "Outils-Créer une échelle"
(à
partir de l'échelle au bas à droite de l'image
numérisée),
il suffit de tracer un trait entre les deux extrémités du
coléoptile
pour connaître sa longueur précise).
- Pour traiter les résultats vous utiliserez un
tableur:
-
- et vous construirez un graphe montrant le pourcentage
d'accroissement
des coléoptiles: vous dégagerez les conclusions qui
s'imposent
en comparant de façon appropriée les résultats de
chaque
lot.
- Résumez -les par un texte court que vous
illustrerez
par un schéma fonctionnel.
-
-
La synthèse
de l'auxine a ainsi lieu dans l'apex des tiges,
dans les méristèmes et les jeunes feuilles des bourgeons
apicaux, à partir d'un acide aminé: le tryptophane.
-
Nous pouvons
nous interroger à propos du rôle joué
par la lumière dans le phototropisme des coléoptiles
(conditions d'éclairement anisotrope). Afin de tester
l'hypothèse suivante:
-
- la
lumière
modifie la répartition de l'auxine dans la plante,
- imaginez une expérience (principe, protocole) qui
permette
de valider ou infirmer cette hypothèse.
<>
Une double
action sur la stimulation
de
l'élongation cellulaire: -
Vous
allez étudier la cinétique d'action de l'auxine sur la
croissance
cellulaire et plus précisément le rôle du pH
extracellulaire.
Pour chacune des deux premières expériences
proposées
dans la page du lien ci-dessus, vous rendrez compte du protocole
utilisé,
des résultats et des interprétations que l'on peut
formuler.
Afin de préciser ce rôle à court terme de l'auxine,
vous
proposerez un schéma fonctionnel de son action qui rende
compte
des seules informations mises en lumière par ces deux
expériences.
-
L'auxine exerce ainsi:
- une action à court terme sur la plasticité de
la
paroi: le mécanisme abaisse le pH de la paroi, provoquant le
relâchement
pariétal,
- une action à long terme sur l'expression de
gènes
codant pour des protéines intervenant spécifiquement dans
l'élongation
cellulaire: des techniques récentes
(électrophorèse bidimensionnelle)
ont montré que l'auxine stimule la synthèse d'ARN
spécifiques,
traduits ensuite en enzymes intervenant dans la fabrication des
composants
de la paroi.
- 3.2.3 Mise en évidence des
tissus
cibles de l'auxine :
- Il est possible d'évaluer la
concentration
à laquelle agit l'auxine en appréciant les effets
biologiques
de cette hormone: le test de Went ou test Pisum (réalisé
la première fois sur le pois: Pisum sativum) a constitué
jusqu'à
une époque récente une mesure biologique très
sensible
jusqu'à la mise au point de méthodes plus modernes
d'analyse.
-
Dosage
biologique de l'auxine
- 1 - Préparez 50 mL de tampon phosphate à pH
6,5.
2 - Préparez à partir de 1 mL d'une solution-mère
d'auxine
(10 e-4 mol.L -1 ), par dilutions successives,
des
solutions à 10e-5 , 10e-6 ,
10e-7 et 10e-8 mol.L -1
d'auxine
dans le tampon. Préparer 9 mL de chaque solution, 9 mL de tampon
seul
qui servira de témoin et 8 mL de tampon seul destiné
à
accueillir une solution de concentration inconnue.
3 - Répartissez les 6 solutions dans des boîtes de
Pétri
(identifiez les boîtes par une étiquette portant la
concentration
de la solution).
4 - Placez 1 mL de la solution à tester dans la boîte de
Pétri
correspondante.
3 - Avec une lame de rasoir, coupez des segments de 20 mm de long, les
plus
droits possible, dans la région terminale d'hypocotyles de soja
ou
d'épicotyle de pois (30 échantillons).
4 - Fendez chaque échantillon en son milieu sur 15 mm dans le
sens
de la longueur.
5 - Placez 5 échantillons par boîte et notez l'heure.
- La lecture des résultats se fera au minimum 3
heures
plus tard en faisant des schémas précis, ou mieux, en
photographiant
les boîtes de Pétri.
- Évaluez la concentration de la solution inconnue
par
comparaison avec la gamme étalon.
Sachant que l'auxine provoque un allongement des cellules cibles,
quelles
semblent être les cellules cibles ?
Justifiez la réponse en expliquant les modifications
observées
à l'oeil nu par le comportement des cellules sensibles à
l'auxine.
-
-
- Le contrôle de la croissance par un facteur externe,
l'auxine,
se fait donc à deux niveaux du coléoptile:
- la zone émettrice d'auxine située dans
l'apex,
- la zone réceptrice, située plus bas,
où
l'hormone migre vers ses cellules-cibles à une vitesse
de 5
à 20 mm.h-1 et des concentrations de 10-7 à 10-5 g.mL-1.
- L'auxine contrôle la croisssance cellulaire en
stimulant
l'augmentation de taille, en agissant sur la différenciation
cellulaire
(formation de racines latérales, de tissus conducteurs).
-
- Pour en savoir plus sur les
modalités
de la croissance des cellules végétales, vous pourrez
consulter
le site:
-
http://www.snv.jussieu.fr/bmedia/cell
3.3 HORMONES ET DEVELOPPEMENT DU VEGETAL
- 3.3.1 La répartition de
l'auxine
modifie le développement:
- Influence de la lumière: la courbure du
coléoptile
éclairé latéralement résulte uniquement de
la
différence de croissance entre face éclairée et
face
opposée. Les cellules de la face sombre s'allongent davantage du
fait
que celle-ci contient plus d'auxine que la face éclairée.
- Dans la plante, la lumière modifie la
répartition
de l'auxine, permettant ainsi une croissance orientée: en la
détruisant
pour de forts éclairements, en la faisant migrer vers les
régions
non éclairées pour de plus faibles éclairements.
- Influence du bourgeon terminal: dans les
différentes
espèces d'arbres, les branches se développent toutes de
manière
égale ou bien la branche principale se développe plus que
les
autres (port "en flèche" des conifères).
Ce port est dû à l'influence du bourgeon terminal qui
inhibe
les bourgeons sous-jacents (dominance apicale) en fabriquant de
l'auxine.
En effet, la section du bourgeon terminal modifie la répartition
de
l'auxine et lève cette dominance.
-
- 3.3.2 L'organogénèse,
une
affaire d'équilibres hormonaux:
- La culture "in vitro" montre que plusieurs familles
d'hormones
interviennent dans la croissance et le développement des
plantes:
une égale répartition d'auxine et de cytokinines
stimule la mitose, sans qu'il y aît apparition d'organes (cals),
un
excès d'auxine fait apparaître des racines; dans la
situation
inverse, ce sont des bourgeons qui apparaissent.